Face à l'UMP, Marine Le Pen met son rassemblement sur orbite

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MARINE LE PEN RELANCE LE RASSEMBLEMENT BLEU MARINE À LA FAVEUR DE LA CRISE À L'UMP
MARINE LE PEN RELANCE LE RASSEMBLEMENT BLEU MARINE À LA FAVEUR DE LA CRISE À L'UMP

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a relancé mardi à la faveur de la crise de l'UMP le Rassemblement bleu marine (RBM), destiné à attirer des "patriotes" de droite comme de gauche effarouchés par le Front national, mais pas par sa dirigeante.

Fait nouveau, les sympathisants pourront adhérer directement à cette structure, née lors de la candidature lepéniste à la présidentielle, à condition de souscrire à une charte reprenant, pour l'essentiel, son programme présidentiel.

Lors d'une conférence de presse dans un bureau de l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a souligné que le RBM ne serait pas seulement un lieu de débats et de rassemblement, mais une plate-forme électorale.

"Il est un rassemblement d'action, il n'est pas un think tank. Il est là pour participer à la machine d'accession au pouvoir", a-t-elle assuré.

Le Conseil constitutionnel doit examiner vendredi le recours en annulation de Marine Le Pen contre l'élection du député socialiste Philippe Kemel à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), qui l'avait battue de 118 voix en juin dernier.

Priée de dire si elle était venue faire un repérage à l'Assemblée dans la perspective d'un nouveau scrutin, Marine Le Pen a répondu : "Non, le repérage, je l'ai fait la semaine dernière dans le bureau de François Hollande".

Une façon de signifier qu'elle visait toujours l'Elysée, après avoir obtenu 17,90% des suffrages à l'élection présidentielle d'avril dernier.

La présidente du FN se trouvait en compagnie de Gilbert Collard, l'un des deux députés élus en juin dernier sous sa bannière, mais avec l'étiquette RBM et non FN.

"PAS DE QUERELLES D'EGO"

Pour Marine Le Pen, le chaos régnant à l'UMP, empêtré dans sa guerre des chefs, mais aussi ce qu'elle présente comme la déliquescence du pouvoir socialiste et de la société en général doivent pousser "les patriotes à se rassembler" derrière elle, quelle soit leur famille politique d'origine.

"Chez nous, il n'y a pas de querelles d'ego, du moins pour le moment", a ironisé Gilbert Collard par allusion à l'affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP.

Depuis la début de la crise au sein de la droite, le FN assure avoir multiplié par trois, et parfois par cinq, ses adhésions quotidiennes sur internet, au rythme de 600 par jour.

Il s'agit de "gens qui viennent de l'UMP ou de gens qui n'appartenaient pas à un parti politique", a dit Marine Le Pen sur Radio Classique, précisant que le parti comptait actuellement 55.000 adhérents.

Toutefois, en dehors de cadres intermédiaires locaux - dont l'un a déchiré sa carte de l'UMP lors de la conférence de presse - le parti n'a pas annoncé à ce jour de ralliements significatifs.

PAS DE TRANSFUGES DE L'UMP

De plus, Marine Le Pen a assuré qu'elle n'était pas prête à accueillir n'importe quel déçu ou transfuge de l'UMP, en particulier en vue des élections municipales de 2014.

"Je n'accueillerai pas des traîtres à la patrie ayant voté pour le traité européen. Nous n'allons pas être une machine à recycler les battus de l'UMP", a-t-elle dit.

Pour le sociologue Sylvain Crépon, la crise de l'UMP, tant espérée par Marine Le Pen, arrive trop tôt pour le FN car la droite aura le temps de se remettre en ordre de marche d'ici les municipales, et en tout cas d'ici la présidentielle.

"Peut-être que la droite va se diviser, mais je ne pense pas qu'elle va imploser ou exploser et se reconstruire autour du Front national, qui est le pronostic de Marine Le Pen", dit-il à Reuters.

Il estime en outre qu'à moins d'un afflux de cadres et d'élus venus de droite, le FN "n'a pas suffisamment d'implantation locale" et un "personnel suffisamment compétent" pour prétendre se substituer à l'UMP.

"Je pense que le FN peut être l'empêcheur de gagner de l'UMP, je pense qu'il peut encore accroître ses scores, mais je ne pense pas qu'il deviendra le premier parti d'opposition", ajoute-t-il.

Le sociologue estime qu'à moins de faire "une sorte de révolution copernicienne dans son programme", en renonçant par exemple à la "préférence nationale", rebaptisée "priorité nationale", le FN aura du mal à obtenir les ralliements "qui lui font cruellement défaut."

"Mais il ne le fera pas (renoncer à la préférence nationale), car ce serait la fin de son identité sur le marché politique", estime-t-il.

Edité par Yves Clarisse

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