Face à Jin Jiang, AccorHotels tente de trouver un équilibre

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    par Pascale Denis 
    PARIS, 6 juin (Reuters) - Les grandes manoeuvres ont 
commencé sur la gouvernance et l'équilibre des forces au sein du 
capital d'AccorHotels  ACCP.PA  face aux appétits du chinois Jin 
Jiang  2006.HK , son premier actionnaire. 
    Le géant hôtelier chinois a franchi les 15% du capital du 
groupe français le 27 mai   après en avoir acquis 
plus de 10% pour plus d'un milliard d'euros en l'espace de 
seulement quatre mois.   
    S'il a jusqu'ici toujours dit soutenir la stratégie 
d'AccorHotels, Jin Jiang a également fait savoir qu'il entendait 
poursuivre ses achats, assurant ne pas envisager de prendre le 
contrôle du groupe - une déclaration qui ne l'engage que pour 
une durée de six mois -, et a indiqué qu'il pourrait demander un 
ou plusieurs sièges au conseil. 
    Pour muscler encore ses positions avant l'arrivée programmée 
du Qatar et de l'Arabie saoudite au capital et au conseil 
d'AccorHotels, Jin Jiang a approché les fonds Eurazeo  EURA.PA  
et Colony pour leur racheter leurs parts (5,13% et 5,85% 
respectivement), selon une source proche du dossier, confirmant 
une information du Figaro. 
    Pour les deux fonds - qui avaient cédé une partie de leurs 
titres au prix de 48,75 euros en mars 2015 - une cession ne 
s'entend pas sans un accord sur la gouvernance, indique-t-on. 
    Sébastien Bazin est un ancien de Colony Capital, dont il a 
dirigé les opérations en Europe jusqu'à son arrivée chez 
AccorHotels il y a près de trois ans. 
    "Les discussions ont lieu depuis plusieurs semaines entre 
AccorHotels, Jin Jiang, Eurazeo et Colony sur l'organisation du 
board et les participations de chacun pour cadrer les futures 
relations sur le long terme", indique la même source. 
    AccorHotels s'est refusé à tout commentaire. 
     
    L'ÉTAT ATTENTIF 
    Parallèlement, l'Etat français, pour qui la montée de Jin 
Jiang revêt un caractère politique - le groupe chinois est une 
émanation de la municipalité de Shanghai - pourrait faire  
irruption dans le dossier. 
    Soucieux d'éviter qu'un nouveau fleuron français ne passe 
sous pavillon étranger après Lafarge, Alcatel-Lucent ou encore 
Technip, l'Etat pourrait plaider pour un accord du type de celui 
négocié chez PSA  PEUP.PA  avec Dongfeng  600006.SS , qui 
plafonnerait la part de Jin Jiang au capital pendant une 
certaine durée en échange de sa participation au conseil. 
    Un accord pourrait aussi organiser dans le temps la montée 
de Jin Jiang, parallèlement à une négociation sur la 
gouvernance. 
    Car, en France, Jin Jiang est le concurrent direct 
d'AccorHotels depuis son rachat, il y a un an, du groupe Louvre 
Hotels, propriétaire des enseignes Campanile, Kyriad ou Première 
Classe, pour 1,3 milliard d'euros. 
    Les discussions du conseil d'AccorHotels sur la stratégie en 
France ne peuvent pas, en tout état de cause, être suivies par 
un tel concurrent. 
    Le Qatar et l'Arabie saoudite pourraient eux aussi être 
associés aux discussions après leur arrivée au capital de 
l'hôtelier français. 
    Avec le rachat du groupe FRHI (Fairmont, Raffles, 
Swissôtel), le fonds d'investissement du Qatar (QIA) et celui du 
prince saoudien Al-Waleed (KHC) détiendront 10,5% et 5,8% 
respectivement du capital d'AccorHotels après le feu vert d'une  
assemblée générale des actionnaires prévue le 12 juillet. 
  
    Il est prévu que QIA dispose de deux représentants au 
conseil et KHC d'un administrateur. 
    Selon certains analystes, Jin Jiang pourrait viser à terme 
la prise de contrôle d'AccorHotels une fois absorbée 
l'acquisition de son concurrent Plateno. 
    D'autres, pour qui la scission d'AccorHotels entre activités 
de gestion hôtelière (HotelServices) et immobilière 
(HotelInvest) ne fait aucun doute, jugent que Jin Jiang pourrait 
être acheteur d'HotelServices, les investisseurs du Moyen-Orient 
reprenant HotelInvest. 
    La question de l'avenir du pôle immobilier d'AccorHotels 
devrait être posée d'ici la fin de l'année, le groupe pouvant 
opter pour une ouverture du capital d'HotelInvest. 
    Jusqu'ici, Sébastien Bazin a déclaré que toute opération 
serait déterminée par le niveau de valorisation du groupe d'ici 
à la fin 2016 ou le début 2017. 
    La montée de Jin Jiang intervient après une année 2015 
record de 3,6 milliards de dollars pour les investissements 
chinois en France. Ceux-ci ont principalement ciblé l'immobilier 
et l'hôtellerie, avec la prise de contrôle du Club Méditerranée 
par Fosun  0656.HK  et le rachat de Louvre Hôtels, selon les 
chiffres du cabinet d'avocats Baker & McKenzie. 
   
 
 (Avec Dominique Vidalon, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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