Fabrice Landreau : " Les doublons faussent le championnat "

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Alors que Grenoble s'est imposé sur la pelouse du Stade Français samedi soir, Fabrice Landreau a salué la performance de ses joueurs mais regretté d'avoir affronté un club de la Capitale fortement diminué par l'absence des internationaux.

Fabrice Landreau, on vous voit avec le sourire. Une victoire comme celle-là doit faire plaisir, surtout après la défaite de la semaine dernière ?
Oui, c’est vrai que je suis content pour le groupe, content pour les joueurs, pour le staff, pour l’investissement qu’on a pu voir et, surtout, pour l’impression qu’on a donné ce soir (samedi). On n’a pas retenu nos ballons, on a essayé de produire beaucoup de jeu. On a essayé de rester fidèles à nous-mêmes, avec une équipe un peu différente ce soir (samedi). Ça a payé, on a été récompensés de nos efforts, les joueurs ont vraiment produit un bon match. Ils ont été en tête quasiment tout au long de la partie, à part ce 18-16 pendant un petit moment. A la fin du match, il y a eu beaucoup plus de maîtrise, je pense plus de fraîcheur aussi. Et en faisant rentrer quelques cadres dans le dernier quart d’heure, ça a aussi renforcé notre état d’esprit et ça nous a donné un peu plus d’avancées.

Cette fin de match est assez impressionnante de maîtrise. Devant, ça se passe bien, vous leur faites vraiment mal dans tous les domaines...
On leur fait mal dans tous les domaines. C’est vrai qu’on se sentait assez forts dans ce domaine-là. Je relativise toujours car on est dans un soir de doublon, il y a dix joueurs du Stade Français qui manquent à cette équipe, il y a eu des blessés très importants en début de match, notamment devant. Cette équipe a dû être recomposée. Nous, on a su profiter de tout cela, on a su être constants et ne pas se disperser. Ces quatre points ce soir (samedi) nous font du bien, nous font du bien au classement, nous font du bien à la tête, récompensent tout le travail qui a été produit, enlèvent un petit peu de frustration de la semaine dernière et nous permettent de regarder plus sereinement l’avenir.

Cette frustration de la semaine dernière, a-t-elle été un moteur dans la semaine pour le groupe ?
Paradoxalement, non. Il y avait énormément de déception, ça a été très très dur de travailler toute la semaine d’une part parce que, physiquement, les GPS se sont affolés lorsqu’on a vu tous les résultats. Ça a été un match d’une très forte intensité, auquel on n’est pas forcément habitué tout le temps et on n’a pas pu vraiment s’entraîner avant jeudi. Donc, psychologiquement, on sentait bien qu’il n’y avait pas trop le goût, il y avait encore beaucoup de déception. Quand le mental ne marche pas trop bien, les jambes sont toujours plus lourdes. On s’est vraiment retrouvés sur le galop du capitaine hier (vendredi), je ne savais pas du tout comment on allait se retrouver ce soir (samedi) et j’ai été plutôt agréablement surpris par cette volonté de vouloir tenir le ballon, cette volonté de vouloir jouer, de vouloir rester dans le match. C’est bien, c’est un bon travail.

Cette victoire et cette dynamique peuvent déboucher sur quoi, sur quel objectif ? Ça change quoi pour vous ?
Ça ne change rien ! On a quand même trois défaites à domicile. Ce soir (samedi), c’est notre troisième victoire à l’extérieur donc on revient à zéro. La Rochelle a perdu ce soir (samedi), Pau a perdu à domicile, Oyonnax a perdu. Ça veut dire qu’on essaye de creuser un peu d’écart par rapport au fond du classement. Si on a un peu moins de pression sur les épaules, je pense qu’on aura encore cette volonté de produire, on sera plus libérés et peut-être qu’il y aura enfin des garçons qui vont se lâcher. On peut peut-être aller vers de belles surprises, on verra.

Un mot sur votre adversaire, le Stade Français. Ça doit vous faire de la peine de voir le club ainsi ?
Non. Je ne vais pas avoir de la peine ou pas, il ne faut pas être sentimental. Ce que je dis ce soir (samedi), c’est qu’on voit bien aujourd’hui que les doublons faussent le championnat. Je trouve qu’en termes d’éthique et de fair-play, notre victoire, on l’a obtenue mais ce n’est pas nous qui faisons les règlements. Mais on voit bien que, ce soir (samedi), le Stade Français est complètement pénalisé. Je crois qu’ils ont dix joueurs qui sont retenus par les différentes sélections. Ça n’enlève rien à notre performance et à notre victoire mais, en revanche, je trouve que, quelque part, pour le Stade Français qui veut chercher une qualification et va lutter peut-être avec d’autres équipes dans le ventre mou, l’éthique sportive n’est pas là.

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