Fabius "prochainement" au Maroc après un an de froid diplomatique

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PARIS, 15 janvier (Reuters) - Près d'un an après le début de la crise diplomatique avec Rabat, Laurent Fabius a annoncé jeudi qu'il se rendrait "prochainement" au Maroc pour tenter de rétablir la coopération policière et judiciaire entre les deux pays, "nécessité absolue" face à la menace djihadiste. Les accords de coopération judiciaire entre les deux pays sont suspendus depuis le 27 février 2014, une décision prise par Rabat pour protester contre le dépôt de plaintes pour "torture" et "complicité de torture" visant son patron du renseignement Abdelattif Hammouchi ( ID:nL6N0LW1H3 ). "Les choses ne sont pas complètement rétablies", a souligné jeudi Laurent Fabius au Sénat. "Mais c'est une nécessité absolue non seulement pour les raisons d'amitié mais parce que désormais la coopération judiciaire et la coopération policière, ce n'est pas une option mais une obligation absolue par rapport au phénomène (du terrorisme)", a-t-il ajouté. Au delà de la question des extraditions, la brouille diplomatique pèse sur la coopération sécuritaire entre les deux pays à l'heure où plusieurs milliers de Français et de Marocains auraient rejoint les rangs de l'Etat islamique en Syrie et en Irak. Une semaine après les attentats qui ont frappé la France, Laurent Fabius a indiqué qu'il se rendrait "prochainement" au Maroc "pour trouver des solutions pour rétablir les relations telles qu'elles n'auraient dû jamais cesser d'être avec le Maroc". Contacté par Reuters, l'entourage du ministre n'a pas souhaité préciser la date de son déplacement. Déjà affectées par le dépôt de plaintes, les relations entre Rabat et Paris s'étaient encore envenimées en mars 2014 avec la fouille du chef de la diplomatie marocaine à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique paru la semaine dernière, le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar a dénoncé l'absence de détermination et de "volonté politique" de la France pour résoudre la crise diplomatique. (Marine Pennetier, avec John Irish, édité par Grégory Blachier)

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