Fabius presse l'UE de décider l'envoi d'armes aux Kurdes d'Irak

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PARIS, 12 août (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères a pressé mardi les Etats membres de l'Union européenne de décider d'urgence l'envoi d'armes aux Kurdes d'Irak, qui tentent de résister à la pression militaire des djihadistes de l'Etat islamique. Interrogé par France Info, Laurent Fabius a estimé qu'il fallait remédier au "déséquilibre évident" entre les extrémistes sunnites et les combattants kurdes pour donner à ces derniers les moyens de résister et, "si possible", de l'emporter. "J'ai demandé à (la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine) Ashton de réunir au plus vite le conseil (des ministres) des affaires étrangères pour qu'on prenne au niveau européen des décisions sur ce point", a-t-il dit. "Je redemande que ce soit fait d'urgence." Les extrémistes sunnites, qui ont chassé des milliers de chrétiens et de yazidis, se sont emparés lundi d'une nouvelle ville, Djalaoula, à 115 km au nord-est de Bagdad, après des semaines de combats contre les peshmerga kurdes. Leurs avancées et l'incapacité de l'armée irakienne et des peshmerga kurdes à les contenir ont conduit les Etats-Unis à bombarder leurs positions, notamment près d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Pour l'heure, du côté européen, la France a fourni dimanche 18 tonnes de matériel humanitaire à Erbil. Laurent Fabius a annoncé l'envoi dans deux jours d'un avion de 20 tonnes de matériel, notamment pour l'eau potable, et de médicaments. "Dans les jours suivant, il y a un troisième envoi qui est prévu en matière de vivres", a-t-il ajouté. Il souhaite que l'Union européenne établisse un "pont humanitaire" à destination du Kurdistan et coordonne l'aide de ses différents pays membres. "J'ai demandé (...) que l'ensemble des pays d'Europe puissent coordonner leur action pour qu'il y ait un pont", a-t-il dit. Le Comité politique et de sécurité (Cops), constitué de diplomates représentants tous les pays de l'UE, se réunit mardi pour examiner la question. Laurent Fabius a par ailleurs apporté le soutien de la France au nouveau Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, désigné par le président Fouad Massoum, pour remplacer le chiite Nouri al Maliki, qui refuse cependant de céder le pouvoir. "Très heureusement M. Maliki, l'ancien Premier ministre, qui était responsable d'une grande partie de ce désastre, a été remplacé par M. El Abadi", a-t-il déclaré. "M. Maliki s'accroche (...) La position de la France est tout à fait claire : nous soutenons le nouveau Premier ministre, qui a été désigné régulièrement, et nous espérons bien qu'il y aura un nouveau gouvernement d'union nationale", a-t-il ajouté. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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