Fabius plaide pour une aide d'urgence à Alep en Syrie

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PARIS, 3 novembre (Reuters) - La coalition internationale engagée dans la lutte contre l'Etat islamique en Syrie doit désormais tourner ses efforts vers la ville d'Alep, tenue par les rebelles syriens modérés et menacée de destruction par les offensives des forces loyales à Bachar al Assad, estime Laurent Fabius. Dans une tribune publiée par Le Figaro, le Washington Post et le journal panarabe Al Hayat mardi, le ministre français des Affaires étrangères estime que le "bastion" de l'opposition syrienne est presque totalement encerclé et que l'abandonner anéantirait les espoirs d'une solution politique en Syrie. "Abandonner Alep, ce serait condamner la Syrie à des années de violences. Ce serait la mort de toute perspective politique. Ce serait la fragmentation d'un pays livré à des 'seigneurs' de guerre de plus en plus radicalisés", estime le ministre français. "Ce serait l'exportation du chaos intérieur de la Syrie vers ses voisins irakiens, libanais, jordaniens, déjà si fragiles. Et que personne ne se méprenne : Bachar al-Assad, 'seigneur de guerre' parmi tant d'autres, ne les vaincra pas plus qu'il n'est capable aujourd'hui de vaincre Daech". Le chef de la diplomatie française rappelle qu'abandonner la deuxième ville de Syrie "serait condamner 300.000 hommes, femmes et enfants, à une alternative terrible : siège meurtrier sous les bombes du régime ou barbarie des terroristes de Daech". Les Etats-Unis poursuivent leur campagne de frappes aériennes en Syrie et le régime de Bachar al Assad profite de cette diversion pour intensifier sa lutte contre des groupes rebelles dans l'ouest et le nord du pays, y compris autour d'Alep. Ces déclarations de Laurent Fabius interviennent trois jours après la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Paris où il a rencontré François Hollande. Lors de cette rencontre le chef de l'Etat turc a cherché à s'attirer le soutien de la France dans ses appels en faveur d'une lutte à la fois contre Assad et contre l'EI. Erdogan se montre critique à l'égard de la coalition conduite par les Etats-Unis estimant qu'elle ne doit pas seulement se focaliser sur la ville kurde de Kobani mais également sur d'autres régions de Syrie. Paris, qui participe aux opérations en Irak mais pas en Syrie, a offert une assistance militaire et armée aux peshmergas irakiens, tout en refusant de s'engager dans le conflit syrien. La France a également annoncé une assistance militaire et une formation à ce qui reste de l'Armée syrienne libre (ASL) sans fournir de détails sur cette aide. Sans préciser concrètement comment la France pourrait apporter son soutien à Alep dans ce contexte, Laurent Fabius affirme ne pouvoir accepter que la ville soit abandonnée à son sort. "C'est pourquoi, avec nos partenaires de la coalition, nous devons porter nos efforts sur Alep. Avec deux objectifs clairs : renforcer notre soutien à l'opposition modérée syrienne et protéger la population civile des crimes jumeaux du régime et de Daech", affirme-t-il. (John Irish; Pierre Sérisier pour le service français, édité par Agathe Machecourt)

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