Fabius en visite éclair en Iran 15 jours après l'accord

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* Première visite d'un ministre français depuis 2005 * L'accord sur le nucléaire ouvre des "perspectives" * Téhéran peut jouer un "rôle positif" dans la région PARIS, 29 juillet (Reuters) - Laurent Fabius se rend mercredi à Téhéran moins de quinze jours après la conclusion de l'accord historique sur le nucléaire qui, espère la France, va ouvrir des "perspectives nouvelles" en matière de coopération économique et de règlement des conflits au Moyen-Orient. Au cours de cette visite éclair - la première en Iran d'un ministre français depuis 2005-, le chef de la diplomatie française rencontrera le président iranien Hassan Rohani et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif ainsi que d'autres représentants de la République islamique. "La France (...) a toujours entretenu avec l'Iran des relations marquées par le respect et la franchise, y compris quand nous avons des différences d'approche", a souligné Laurent Fabius dans une tribune publiée mardi dans Iran Daily. "C'est dans cet esprit que je me rends à Téhéran et que j'aborderai avec les dirigeants l'ensemble des sujets." "Nous voulons agir pour un monde plus sûr. L'Iran doit savoir y prendre toute sa part", a-t-il ajouté". "C'est ce message que je porterai à Téhéran." Le dossier syrien devrait notamment être évoqué. Depuis la conclusion de l'accord sur le programme nucléaire iranien le 14 juillet dernier entre les grandes puissances et Téhéran, plusieurs pays insistent sur le rôle que l'Iran pourrait jouer dans le règlement du conflit syrien. Allié indéfectible du régime de Bachar al Assad, Téhéran apporte à Damas un appui militaire et une aide économique dans sa guerre contre les groupes rebelles qui a fait plus de 220.000 morts depuis mars 2011 selon l'Onu. Début juillet, l'Iran aurait encore débloqué une nouvelle ligne de crédit d'un milliard de dollars pour Damas. "L'Iran doit être un pays qui apporte des solutions", a estimé François Hollande lundi soir devant la presse présidentielle, citant le Liban, la Syrie, le Yémen et Bahreïn. "Face à ces crises et à ces tragédies, l'Iran, pays influent, peut jouer un rôle positif", souligne de son côté Laurent Fabius. ENJEUX ECONOMIQUES Autre enjeu du déplacement du chef de la diplomatie, faire regagner à la France les positions perdues ces dernières années sur le marché iranien sous l'effet des sanctions infligées à Téhéran. Les échanges commerciaux entre Paris et Téhéran ont fondu en dix ans, passant de 3,7 milliards d'euros à 550 millions d'euros, et Paris espère désormais retrouver son rang malgré la concurrence chinoise et américaine. "Nos industriels travaillent ensemble depuis longtemps", souligne Laurent Fabius. "Les technologies et les produits français sont reconnus : nous savons qu'ils répondent aux attentes des consommateurs et des entrepreneurs iraniens. "Désormais, des perspectives nouvelles s'ouvrent pour nos deux pays, qui pourront aller plus loin dans leur coopération économique." Une délégation du Medef composée d'une petite centaine de chefs d'entreprises est attendue fin septembre à Téhéran. Répondant à une invitation de Téhéran, la visite de Laurent Fabius fait grincer des dents dans les milieux conservateurs iraniens qui dénoncent la "ligne dure" observée par Paris lors des négociations sur le nucléaire iranien. "Les critiques contre Fabius s'adressent à la France. Laurent Fabius, c'est la France", a prévenu François Hollande lundi soir. "Et la manière avec laquelle il sera accueilli sera pour nous aussi une évaluation du comportement de l'Iran." (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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