Fabius contraint de clarifier la position française sur la Syrie

le , mis à jour à 18:34
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    * Il avait évoqué une possible coopération avec l'armée 
syrienne 
    * Des propos perçus comme une volte-face de la France 
    * Damas s'était félicité de ce "revirement" 
 
 (Actualisé avec communiqué de Fabius) 
    par John Irish 
    PARIS, 27 novembre (Reuters) - Laurent Fabius a été 
contraint vendredi de clarifier la position française quant à 
une éventuelle coopération avec les forces syriennes dans la 
lutte contre l'Etat islamique, après des déclarations ambiguës 
perçues comme une volte-face de Paris.  
    "La coopération de toutes les forces syriennes, y compris de 
l'armée syrienne, contre Daech est évidemment souhaitable mais, 
comme je l'ai dit avec constance, elle ne sera envisageable que 
dans le cadre d'une transition politique crédible", écrit le 
chef de la diplomatie française dans un communiqué. "C'est 
l'objectif que nous poursuivons avec détermination." 
    "La coopération de tous contre Daech est notre principal 
objectif", ajoute-t-il. "C'est le sens des démarches 
diplomatiques entreprises depuis les attentats de Paris".  
    Dans la matinée, il avait évoqué sur RTL une possible 
alliance avec l'armée syrienne dans la lutte contre 
l'organisation djihadiste, qui a revendiqué les attentats du 13 
novembre à Paris et à Saint-Denis.  
    "Les forces au sol ne peuvent pas être les nôtres parce que 
ce serait complètement contre-productif", avait-il dit. "Mais 
des forces au sol doivent être à la fois des forces syriennes de 
l'Armée libre, des forces arabes et pourquoi pas des forces du 
régime (syrien) et des Kurdes, également." 
    Ses propos ont été assimilés à un revirement de la France, 
jusque-là farouchement opposée à toute coopération avec le 
régime du président Bachar al Assad dont elle continue de 
réclamer le départ. 
    Le ministre syrien des Affaires étrangères s'est notamment 
félicité des propos tenus par son homologue.  
    "Si Fabius compte vraiment coopérer avec l'armée syrienne et 
avec les forces au sol qui combattent Daech, nous en sommes 
ravis, mais cela suppose un changement fondamental" de la 
politique de la France à l'égard de Damas, a déclaré Walid al 
Moualem, lors d'une conférence de presse organisée à Moscou.  
     
    DIVERGENCE PERSISTANTE AVEC MOSCOU SUR ASSAD  
    Cette confusion autour des déclarations de Laurent Fabius 
survient au lendemain d'une rencontre entre François Hollande et 
Vladimir Poutine à Moscou consacrée à la lutte contre l'Etat 
islamique. 
    Les deux présidents ont affirmé leur souhait commun 
d'intensifier les échanges de renseignements pour être plus 
efficaces dans leurs frappes contre cette organisation en Syrie 
et de préserver les groupes armés locaux qui la combattent. 
 ID:nL8N13L424    
    "Il y a un point sur lequel, maintenant, je pense que tout 
le monde est d'accord, c'est l'objectif de neutraliser, 
d'éradiquer Daech (acronyme arabe de l'EI)", a dit Laurent 
Fabius sur RTL. "Là je pense que ça a progressé, notamment dans 
la conversation avec M. Poutine."  
    Le président russe "nous a même demandé d'établir une carte 
des forces qui ne sont pas terroristes et qui combattent Daech 
et il s'est engagé, dès lors que nous lui fournissons cette 
carte, ce que nous allons faire, à ne pas (les) bombarder", 
a-t-il précisé.  
    La question du départ de Bachar al Assad reste toutefois un 
point de divergence entre la France et la Russie.  
    "Pour nous (...) c'est une question d'efficacité", a déclaré 
Laurent Fabius. "Nous ne disons pas que cela doit intervenir dès 
le début, aujourd'hui, mais nous disons que, à la fin (...), M. 
Bachar ne peut pas être l'avenir de son peuple." 
 
 (avec Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, édité par Sophie 
Louet) 
 
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