F1: rien d'acquis pour Sebastian Vettel

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SEBASTIAN VETTEL POURRAIT ÊTRE SACRÉ DIMANCHE SANS MÊME MARQUER DE POINTS
SEBASTIAN VETTEL POURRAIT ÊTRE SACRÉ DIMANCHE SANS MÊME MARQUER DE POINTS

par Alan Baldwin

SAO PAULO, Brésil (Reuters) - Sebastian Vettel peut devenir le plus jeune triple champion du monde de Formule Un et ce sans marquer le moindre point lors de l'ultime Grand Prix de la saison, dimanche au Brésil, mais nul doute que Fernando Alonso aura en tête un tout autre scénario.

Si l'Espagnol ne termine pas sur le podium d'une course qui promet d'être la plus haletante de la saison à Interlagos, l'Allemand sera sacré.

Les pronostics sont largement en faveur du pilote de l'écurie Red Bull, qui compte 13 points d'avance sur son unique rival pour le titre, mais la Formule Un a pour habitude de déjouer toutes les prédictions et de transformer ce qui semble inéluctable en quelque chose d'incroyable.

Alonso n'a jamais abdiqué et Vettel ne doit rien prendre pour acquis.

"Peut-être que sur le papier, les chances sont minces, peut-être 25%. Mais au fond, je sens que c'est davantage que ça", a dit Alonso, qui a décroché ses deux précédents titres sur le circuit brésilien, après le Grand Prix des Etats-Unis dimanche dernier.

Les statistiques montrent que Vettel n'a besoin de faire que ce qu'il a déjà réalisé 13 fois cette saison - terminer quatrième ou mieux - pour coiffer la couronne pour la troisième année consécutive, et ce même si Alonso s'impose à Sao Paulo.

AVANTAGE VETTEL SELON LES STATISTIQUES

Les bookmakers britanniques donnent Vettel à un contre six et Alonso à quatre contre un.

Les chiffres sont tout simplement le reflet d'une réalité, Vettel ayant terminé les six dernières courses sur le podium et ayant remporté de rang quatre d'entre elles.

Mais ce qui peut encore donner espoir aux supporters de Ferrari est ce qui est arrivé dans les six courses où l'Allemand n'a pas terminé dans les quatre premiers.

Si les résultats vus à Monza, Hockenheim, Valence ou en Malaisie se répétaient, Alonso pourrait être champion du monde. Sur deux des trois courses remportées par l'Espagnol cette saison, Vettel n'avait marqué aucun point.

Jouent aussi en faveur de Fernando Alonso deux facteurs clés: la fiabilité et la météo.

Interlagos, chaudron délabré et romantique de la course automobile, voit les stratégies de course souvent mises à mal par les pluies torrentielles et le soleil éclatant qui peuvent se succéder en l'espace d'une demi-heure.

La Ferrari d'Alonso a le degré de fiabilité que peut attendre un pilote alors que la Red Bull de Vettel a connu des problèmes d'alternateur pouvant coûter cher, le dernier ne remontant pas plus loin qu'au dernier Grand Prix, à Austin.

"La fiabilité est un souci", a reconnu Adrian Newey à Austin, même si Renault, fournisseur de ses moteurs, estime que le problème a été identifié.

"C'est malheureusement notre troisième panne d'alternateur cette saison, c'est comme une bombe à retardement. Nous ne savons jamais quand cela va céder."

Vettel va devoir lutter d'arrache-pied pour la victoire dimanche, cherchant la meilleure option, avec en tête les problèmes rencontrés dans le passé par des pilotes ayant seulement besoin d'une poignée de points pour être sacrés.

ADIEUX POUR HAMILTON ET SCHUMACHER

En 2008, Lewis Hamilton (McLaren) avait bataillé jusqu'au dernier virage pour prendre la cinquième place dont il avait besoin à Interlagos pour devancer Felipe Massa (Ferrari) dans la course au titre.

En 2003, Michael Schumacher avait lutté pour arracher la huitième place au Grand Prix du Japon, dernière course de la saison, pour battre Kimi Räikkönen sur le fil.

Vettel lui-même a connu pareille situation en 2010 où il a dû attendre la dernière manche du championnat, à Abou Dhabi, pour remporter son premier titre alors qu'il comptait 15 points de retard sur Alonso avant l'épreuve.

"Nous allons lutter sur cette dernière course en ne tenant rien pour acquis avant le dernier virage", a dit le patron de l'écurie Ferrari Stefano Domenicali.

"Je me souviens de 2008, quand nous avons gagné le titre des constructeurs et perdu celui des pilotes dans le dernier virage. J'ai toujours cela en mémoire."

Le duel pour le titre sera le principal événement de ce Grand Prix du Brésil, qui met un terme à une saison riche en rebondissements et qui a débuté avec sept différents vainqueurs en sept courses.

Schumacher quittera son sport pour la deuxième fois, à 43 ans, alors que Hamilton fera ses adieux à McLaren, seule écurie qu'il ait connue depuis ses débuts en F1 en 2007, avant de rejoindre Mercedes la saison prochaine.

"Pour différentes raison, cette course sera très importante pour moi. Pour ma dernière course au volant d'une McLaren, je donnerai tout ce que j'ai sur chaque tour", a dit Hamilton.

"J'aimerais gagner au Brésil pour offrir à l'équipe le parfait cadeau d'adieu."

Chrystel Boulet-Euchin pour le service français, édité par Julien Prétot

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