F1: Renault va vivre une saison entre deux eaux et deux moteurs

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RENAULT S'APPRÊTE À VIVRE UNE SAISON DE FORMULE 1 HYBRIDE
RENAULT S'APPRÊTE À VIVRE UNE SAISON DE FORMULE 1 HYBRIDE

par Olivier Guillemain

VIRY-CHATILLON, Essonne (Reuters) - Renault s'apprête à vivre une saison de Formule Un hybride où il devra à la fois gérer le développement d'un nouveau moteur pour janvier 2014 et accompagner la fin de vie de son V8, triple champion du monde des constructeurs en titre.

"C'est un challenge extrêmement ambitieux", a résumé lundi le directeur général-adjoint de la marque française, Rob White, lors de la présentation du prototype du futur moteur.

Renault, que des rumeurs disaient prêt à réduire son engagement en F1, a finalement décidé de se lancer un nouveau défi.

Le groupe développe un nouveau type de moteur moins gourmand en carburant et plus respectueux de l'environnement, conformément aux exigences de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) qui entreront en vigueur en 2014.

Les principaux changements sont de taille : passage d'une architecture V8 à V6, réduction de la taille de la cylindrée de 2,4L à 1,6L, passage à un régime maximum de 18.000 à 15.000 tours/minute pour un objectif de réduction de la consommation de carburant en course de l'ordre de 40%.

Pour respecter ces contraintes tout en maintenant un même niveau de performance, les ingénieurs de Renault Sport F1 installés à Viry-Châtillon (Essonne) ont imaginé un double système de récupération d'énergie.

Baptisé ERS, ce système récupérera à la fois l'énergie cinétique du véhicule et l'énergie thermique issue des gaz d'échappements, grâce à deux moteurs générateurs électriques.

"Ce projet m'a fasciné. C'est dans ce genre de moments que l'on se rend compte que l'être humain a des capacités illimitées au niveau de la technique", s'est enthousiasmé l'ancien champion du monde Alain Prost, aujourd'hui ambassadeur du constructeur.

QUATRE ÉCURIES

"C'était important pour Renault de rester impliqué en F1. Ce sport est un vecteur de communication et d'image dans le monde entier qui est incontournable, avec des centaines de millions de spectateurs. C'est aussi un moyen d'aller toucher des marchés importants comme la Chine, la Russie ou le Brésil", a-t-il dit.

"Et puis on se bat contre les meilleurs : contre Mercedes, contre Ferrari. Donc on augmente notre notoriété, notre image, de par cet affrontement sportif", a-t-il conclu.

Renault motorise aujourd'hui quatre écuries de F1 : Red Bull, Lotus, Caterham et Williams. Parallèlement, le constructeur discute avec une cinquième, Toro Rosso, qui semble intéressée par le nouveau V6 conçu en région parisienne.

Dans les ateliers de Renault Sport, près de 80% des 250 personnes du site sont mobilisées sur ce projet qui selon Rob White constitue "le plus grand changement de ces dix dernières années".

"Evidemment, cette saison, une bonne partie de nos ressources habituellement allouées au moteur de course le seront au développement du V6. Il nous faudra donc rester concentrés", a souligné dans ce sens le directeur général-adjoint.

Cette petite révolution a un coût, comme l'a souligné le président de Renault Sport F1, Jean-Michel Jalinier, qui escompte toutefois que ces nouvelles technologies trouvent des débouchés dans les voitures de série de la marque.

"Ce moteur a une nouvelle technologie qui est chère, plus chère que le modèle actuel. Mais on est aujourd'hui dans une stabilité du règlement sur sept ans, ce qui nous permettra de l'amortir", a-t-il expliqué.

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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