F1: le GP de Bahreïn commence, l'agitation se poursuit

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F1: le GP de Bahreïn commence, l'agitation se poursuit
F1: le GP de Bahreïn commence, l'agitation se poursuit

par Alan Baldwin

MANAMA (Reuters) - Le Grand Prix de Formule Un de Bahreïn a commencé vendredi avec les premiers essais libres mais les opposants au régime et la police restent en chien de faïence, l'agitation se poursuit et les doutes subsistent sur la tenue de la course, dimanche.

L'opposition, qui entend utiliser le Grand Prix pour faire entendre ses revendications et espère empêcher son déroulement, a donné un nouveau coup de boutoir vendredi lorsqu'au moins 5.000 personnes ont manifesté à Budaya, près de la capitale.

Des centaines d'opposants sont sortis du cortège pour se diriger vers la route principale et la place de la Perle, qui avait été le centre des premières manifestations en février 2011. Des affrontements ont alors éclaté.

"La police tire des gaz lacrymogènes et des bombes assourdissantes", a dit un opposant, Sayed Yousif al Muhafda, joint par téléphone. "Je vois des centaines de personnes. Les combats continuent."

Dans les heures qui ont précédé les premiers essais, de violents incidents avaient déjà eu lieu dans des localités majoritairement chiites proches de Manama mais éloignées du circuit de Sakhir et des palaces où logent les pilotes de F1.

La famille royale a répliqué vendredi après-midi par la voix du prince héritier Salman qui a affirmé lors d'une conférence de presse sur le circuit de Sakhir que les appels à l'annulation de la course resteraient lettre morte.

"Je pense qu'annuler la course ne ferait que renforcer les extrémistes", a déclaré le prince qui avait été à l'origine de la création du Grand Prix en 2004.

CHIITES CONTRE SUNNITES

Le royaume du Golfe est en crise depuis que les autorités ont écrasé un soulèvement né du "printemps arabe", l'an dernier, au prix de dizaines de morts et d'arrestations selon les organisations de défense des droits de l'homme. Le Grand Prix avait été annulé l'an dernier sous la pression des événements.

La famille royale Al Khalifa, dynastie sunnite qui dirige un pays à majorité chiite pris entre de puissants voisins que sont l'Arabie saoudite et l'Iran et siège, qui plus est, de la 5e flotte américaine, voudrait faire de la bonne tenue de la course une preuve de retour à la normale.

L'opposition et les organisations de défense des droits soutiennent que parler de calme est une mystification. Au cours de la semaine écoulée, disent-ils, 95 opposants ont été arrêtés lors de raids de nuit et 54 personnes ont été blessées au cours d'affrontements, souvent par des tirs de chevrotines.

Les autorités n'ont fourni aucun bilan. Elles rejettent la responsabilité des violences sur des "saboteurs" qui attaquent les forces de l'ordre.

ROSBERG CONFIRME

Le prince héritier a tenu sa conférence de presse avec le "patron" de la F1, Bernie Ecclestone qui a pris clairement position pour la tenue du Grand Prix.

Depuis le début de la journée, le circuit de Sarkhir avait été placé sous très haute surveillance.

Les reporters couvrant le Grand Prix ont dû franchir à leur arrivée des contrôles semblables à ceux installés dans les aéroports, avec fouille individuelle et vérification du contenu des sacs.

Des dizaines de voitures de police -un journaliste de Reuters en a compté 79, dont un véhicule blindé, sur les 32 km séparant Sakhir du centre de Manama- étaient garées ou circulaient sur la route.

Le public était rare dans les tribunes du circuit pour un événement dont l'organisation a coûté au royaume quelque 40 millions de dollars.

Lors de sa dernière édition, il y a deux ans, le GP avait attiré 100.000 visiteurs dans le royaume de seulement 1,3 million d'habitants. Il avait généré un demi-milliard de dollars de dépenses.

Dans ce contexte, les essais privés n'ont guère passionné les foules.

L'Allemand Nico Rosberg a confirmé sa première victoire en Grand Prix de dimanche dernier, à Shanghaï, en signant le tour le plus rapide de la journée au volant de sa Mercedes avec un temps d'une minute 32,816 secondes lors de la seconde session.

Le Britannique Lewis Hamilton s'était montré le plus rapide le matin sur McLaren en 1'33"572.

Les pilotes de l'écurie Force India, le Britannique Paul di Resta et l'Allemand Nico Hulkenberg, n'ont pas participé à la seconde session en invoquant des raisons de sécurité.

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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