F1: la sécurité fait débat après l'accident de Spa

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DÉBAT SUR LA SÉCURITÉ EN F1 APRÈS L'ACCIDENT DE SPA
DÉBAT SUR LA SÉCURITÉ EN F1 APRÈS L'ACCIDENT DE SPA

par Alan Baldwin

SPA-FRANCORCHAMPS, Belgique (Reuters) - L'accident provoqué par le Français Romain Grosjean, dimanche au Grand Prix de Belgique, est venu alimenter le débat récurrent sur la sécurité en Formule Un, où les ingénieurs peinent à trouver des solutions pérennes.

Au premier virage, la Lotus de Romain Grosjean s'est élevée dans les airs et a frôlé la tête du leader du championnat du monde Fernando Alonso.

Très spectaculaire, l'accident imputé à une manoeuvre un peu agressive de Grosjean - suspendu pour le prochain GP - n'a pas fait de blessé mais ces quelques dixièmes de seconde ont semblé durer une éternité dans le camp de Ferrari.

"On a eu de la chance que rien ne vienne percuter la tête de Fernando", a dit le directeur de Ferrari, Stefano Domenicali, lors d'une discussion avec des journalistes durant laquelle a été évoquée la nécessité de mieux canaliser les élans des jeunes pilotes afin qu'ils soient plus prudents une fois engagés en F1.

"La situation était vraiment risquée et voir une voiture voler au-dessus de la sienne, à quelques centimètres au-dessus de son casque, nous a donné un haut le coeur", a dit le directeur technique de Ferrari, Pat Fry.

La protection de la tête des pilotes en cas d'accident ou de projection de débris est une vieille préoccupation en F1, un sport en constante évolution en matière de sécurité.

L'accident qui faillit être fatal à Felipe Massa a rappelé en 2009, au GP de Hongrie, que la mort n'était jamais très loin, même si aucun décès n'a été déploré en course depuis celui d'Ayrton Senna en 1994.

La Fédération internationale de l'automobile (FIA) a réalisé des tests avec des cockpits du même type que ceux des avions de chasse et des anneaux métalliques afin de protéger le casque d'éventuels projectiles, mais ils comportent d'autres risques.

"On travaille avec la Fédération pour essayer de trouver le bon système de protection, ceux que l'on a déjà testé posant aussi ou pouvant poser problème", a observé Domenicali.

Martin Whitmarsh, patron de l'écurie McLaren, estime aussi qu'une protection supplémentaire est nécessaire mais il rejette l'idée d'installer des cockpits.

"Je pense que les gens sous-estiment ce que serait un cockpit et à quel point il ferait empirer la situation", a-t-il dit.

"On peut mettre cette bulle de verre au-dessus des pilotes sans pour autant dire qu'ensuite ils seront en sécurité."

Whitmarsh a notamment souligné que la recherche avait dû fournir énormément de travail pour élaborer les cockpits d'avion et les rendre résistants aux chocs avec les oiseaux tout en n'altérant pas la visibilité pour les pilotes.

En F1, ces problèmes seraient d'autant plus grands qu'un cockpit réduirait le champ de vision et que les voitures peuvent prendre feu et dégager une fumée qui, retenue dans un cockpit, serait particulièrement dangereuse.

Gregory Blachier pour le service français

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