F1: l'épouse d'un opposant critique Bernie Ecclestone à Bahreïn

le
0

par Alan Baldwin

MANAMA (Reuters) - L'épouse d'un opposant en grève de la faim à Bahreïn accuse la Formule Un et en particulier Bernie Ecclestone d'avoir ignoré le sort de son mari en maintenant le Grand Prix qui aura lieu dimanche dans le royaume du Golfe.

Dans une interview accordée à Reuters dans son appartement de la banlieue de Manama, Khadija al Mousawi reproche au patron de la F1 d'avoir manqué une occasion d'aider le mouvement pour la démocratie à Bahreïn.

Son mari, Abdoulhadi al Khawaja, qui a également la citoyenneté danoise, a été emprisonné pour avoir participé à l'organisation du soulèvement né du printemps arabe en Tunisie et en Egypte l'an dernier.

Ce soulèvement a été écrasé au prix de dizaines de morts mais manifestations et arrestations se poursuivent presque chaque jour et l'opposition chiite à la famille royale sunnite menace de perturber le Grand Prix, vendredi, samedi et dimanche.

En s'interrompant parfois pour essuyer ses larmes, Khadija al Mousawi raconte que son mari est en grève de la faim depuis deux mois et n'est maintenu en vie que par des perfusions intraveineuses.

"Je ne suis pas en colère contre le gouvernement (...) C'est son avenir qui est en jeu. Ce qui me met en colère ce sont les gens comme Ecclestone qui décident de venir à Bahreïn en pensant que tout le monde est heureux", dit-elle.

"Je peux vous assurer que je ne suis pas heureuse, que ma famille n'est pas heureuse", ajoute-t-elle.

"IL NE SE PASSE RIEN"

Bernie Ecclestone a pris position en faveur de la tenue du Grand Prix qui avait été annulé la saison dernière à cause des troubles.

"Il ne se passe rien (à Bahreïn). Je connais des gens qui y vivent et tout est calme et paisible", a-t-il dit la semaine dernière en marge du Grand Prix de Chine.

Ce n'est pas l'avis de Khadija al Mousawi.

"La Formule Un est une bonne chose pour Bahreïn. Elle fait connaître Bahreïn dans le monde entier (...) mais je pense en même temps que les gens de la Formule Un devraient aider les habitants de Bahreïn à obtenir le respect de leurs droits", réplique-t-elle.

"Je pense que si Ecclestone avait dit : je viendrai si Abdoulhadi est libéré - il connaît sa situation, il est au courant de sa grève de la faim - je pense qu'Abdoulhadi aurait peut-être été libéré. Qu'Ecclestone ignore complètement cette affaire me rend triste", ajoute-t-elle.

"Je sais qu'ils (les gens de la F1) diront : ce n'est pas notre travail, nous ne sommes que des coureurs automobiles... Oui, vous n'êtes que des coureurs automobiles mais vous avez la démocratie et la liberté dans vos pays."

Avec Warda al Jawahiri, Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant