F1: Fernando Alonso, grand prix de sagesse

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ALONSO SUR SES GARDES À LA VEILLE DE L'ÉTAPE CORÉENNE
ALONSO SUR SES GARDES À LA VEILLE DE L'ÉTAPE CORÉENNE

par Alan Baldwin

SÉOUL (Reuters) - Son séjour au Japon s'est mal fini dimanche mais Fernando Alonso a puisé dans l'histoire des samouraïs une forme de sagesse qui pourrait lui être utile dans son duel avec Sebastian Vettel ce week-end au Grand Prix de Formule Un de Corée du Sud.

Le pilote de Ferrari est sous la menace de l'Allemand qui pourrait lui ravir la tête du championnat du monde, qu'Alonso occupe depuis le Grand Prix d'Europe à Valence, en juin.

A un peu plus d'un mois de l'épilogue de la saison, quatre points séparent les deux hommes. Soit quatre fois rien. Le risque est d'autant plus grand pour Alonso que Vettel reste sur deux victoires et fond sur lui au classement.

Dimanche dernier à Suzuka, l'Allemand a encore empoché 25 points, alors que l'Espagnol a fini dans les graviers. Dans la foulée, la réaction du pilote de Ferrari a pris la forme d'un tweet sibyllin publié sur le réseau social.

"Cinq courses magnifiques à venir. Si votre adversaire pense à la montagne, attaquez par la mer et si votre adversaire pense à la mer, appliquez la technique de la montagne", a écrit Fernando Alonso.

Ces mots évoquent ceux du maître samouraï Miyamoto Musashi qui, au XVIIe siècle, a rassemblé pêle-mêle dans Le Traité des cinq anneaux des préceptes de stratégie militaire, de philosophie et d'autodiscipline.

Le fil directeur du Traité est que "plus d'un chemin mène au sommet de la montagne". De fait, Fernando Alonso devra manier plusieurs armes, comme la régularité, le contrôle de soi et l'intelligence de course.

"LA ROUE TOURNE"

Pour ce faire, Fernando Alonso, 31 ans, pourra tirer parti d'une expérience plus longue que son cadet, âgé de 25 ans.

Certes, les deux pilotes ont gagné trois Grand Prix cette saison et sont doubles champions du monde, mais l'Espagnol fréquente les paddocks depuis plus longtemps. D'où un certain recul.

"Ce qui nous est arrivé aujourd'hui pourrait se produire les prochaines fois", a-t-il dit dimanche soir après sa sortie de piste précoce. "La roue tourne, voilà de quoi les courses sont faites."

Sebastian Vettel pourrait arriver à la même conclusion au regard de ses antécédents sur le circuit de Yeongam, à 400 km de Séoul. Il s'est en effet imposé en 2011, après avoir dû abandonner l'année précédente.

"Nous gardons des souvenirs mitigés de Corée, du désespoir la première année à l'euphorie la deuxième année. Le plus important est que nous prenions le plus de points possible", a expliqué Christian Horner, patron de l'écurie Red Bull.

Mais si Fernando Alonso et Sebastian Vettel sont les seuls pilotes à s'être imposés en Corée depuis la première édition en 2010, il ne faut pas oublier la cohorte des poursuivants.

Les deux Britanniques de McLaren, Lewis Hamilton et Jenson Button, peuvent encore revenir sur le duo de tête, au moins en théorie. Tout comme le Finlandais Kimi Räikkönen, troisième au classement, et l'Australien Mark Webber.

Le Français Romain Grosjean n'a plus aucune chance de finir la saison sur le podium mondial. Aussi pourra-t-il se montrer sage dans les premiers virages s'il ne veut pas se trouver impliqué dans un accrochage comme en Belgique puis au Japon.

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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