F.Trinh-Duc : " J'ai beaucoup d'appétit "

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F.Trinh-Duc : " J'ai beaucoup d'appétit "
F.Trinh-Duc : " J'ai beaucoup d'appétit "

De retour au plus haut niveau après sa grave blessure au tibia de l'automne dernier, François Trinh-Duc a été appelé par le sélectionneur pour le stage de préparation au Mondial anglais. L'ouvreur de Montpellier, qui ne boude pas son plaisir, se dit prêt physiquement et mentalement pour participer à sa deuxième Coupe du monde.

François Trinh-Duc, quel est votre état d’esprit au début de ce rassemblement ?
C’est de l’excitation et en même temps de l’appréhension. C’est dur car on enchaine les entrainements à haute intensité mais on sait pourquoi on le fait. Avoir deux mois de préparation avant une compétition, c’est une chose rare aujourd’hui. C’est une vraie chance. Il y a aussi un état d’esprit, une cohésion à créer. On oublie nos clubs, et on doit créer une équipe. Mais on est très excités et tous les jours on progresse.

Vous devez savourer plus que d’autres, non ?
Plus que d’autres, je ne sais pas. C’est en me retournant sur ma dernière saison que je me rends compte de la chance que j’ai d’être ici parce que ce fut compliqué ces dernières années. Je savais que cette saison allait être très, très compliquée et très importante en vue de la Coupe du monde qui était mon objectif depuis quatre ans, mais avec ma blessure, qui m’a éloigné des terrains pour quatre, cinq mois, ce fut encore plus dur de prouver que j’avais le potentiel et les qualités pour participer à cette préparation. Ça été long, dur. J’ai vécu des moments de solitude mais je n’ai jamais lâché mon objectif. Mais je me rends compte de la chance que j’ai d’être de retour après avoir connu 2011. C’est vrai que je n’ai pas connu une carrière linéaire avec l’équipe de France mais voilà je suis là pour préparer cette nouvelle Coupe du monde et j’en suis très fier. Je suis prêt physiquement et mentalement.

Depuis votre blessure, vous n’avez d’yeux que pour cette Coupe du monde ?
Mais même avant ! Mes choix depuis deux ou trois ans sont dictés par cet objectif. Ma rééducation a été longue et dure mais je gardais en tête mon objectif. Je suis revenu en club afin de réaliser une belle fin de saison et me montrer car quand on ne participe pas au dernier Tournoi des VI Nations, on n’a que très peu de chances d’accéder au groupe France. Je savais qu’il fallait que je sois bon avec Montpellier en cette fin de saison et je pense avoir retrouvé ce bon niveau.

Trinh-Duc se sent frais physiquement et mentalement

Est-ce que vous avez l’impression de revenir de très loin ?
De très loin… (rire), je n’en sais rien. Maintenant je suis là. Je me rends compte de la chance et du privilège qu’on a d’être ici. Ça va être compliqué, on va en baver. C’est dur mais quand on a terminé la séance, on est fier de soi, on se félicite. Et c’est dans ces moments là qu’on crée un groupe, une cohésion.

En général les joueurs qui ont été blessés dans la saison, arrivent en Coupe du monde avec plus de fraîcheur. Pensez-vous à ça ?
Oui, c’est ce qu’on a l’habitude de dire (sourire). Pour l’instant, je ne peux pas trop le démontrer. Mais c’est vrai que j’ai une fraîcheur physique mais aussi mentale. D’habitude, en fin de saison, tu arrives rincé puisque tu joues beaucoup. Et c’est toujours plus dur de remettre la machine en marche. Mais là, en ayant moins joué, j’ai beaucoup d’appétit.

Depuis lundi, on sait que Jules Plisson ne fera pas partie de la liste, à moins d’une blessure, est ce que ça clarifie un peu les choses pour vous ?
On ne l’a pas trop évoqué. On ne savait pas trop quel était le rôle de Jules et s’il allait nous rejoindre. Donc on a appris dans la presse que ça allait être compliqué pour Jules. Après, pour nous ça ne change rien, on est toujours en compétition. On est trois ouvreurs (ndlr : Michalak, Tales, Trinh-Duc) et on continuera à donner le meilleur de nous-mêmes.

Trinh-Duc n’a pas revu la finale de 2011

Ça représente quoi une Coupe du monde pour vous ?
C’est l’événement mondial pour tout joueur de rugby. En plus en Angleterre, c’est proche pour nous. J’ai connu celle en Nouvelle-Zélande, c’est tout autre chose. C’est un pays où il y a énormément d’engouement mais cela restait loin de nos terres. On était complètement déconnecté par rapport à la France et l’Europe. Alors que là, on va vraiment, je pense, sentir l’engouement et la proximité du public français et c’est une vraie chance. C’est quelque chose d’important pour nous de se sentir soutenus.

Avez-vous l’impression d’avoir changé un tant que joueur depuis 2011 ?
Numéro 10 est un poste à maturité tardive comme on dit. Donc, j’ai engrangé quatre années d’expérience.

La finale de 2011 vous laisse-t-elle un sentiment d’inachevé, de frustration (ndlr : il avait été remplacé à l’ouverture par Morgan Parra, habituel n°9, pour débuter la finale) ?
Non, c’était une très belle compétition pour nous avec ce petit regret d’échouer de si peu. C’est vrai qu’on s’en souvient tous même si certains, comme moi, ne l’ont toujours pas re-regardé. C’est quelque chose qu’on laisse derrière. C’était une belle aventure, longue et éprouvante mais avec des super moments. Donc je ne compare pas la prochaine Coupe du monde avec la précédente. C’est une autre compétition totalement différente.

(avec Martin Casamatta)

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