F.Pomarel : " On veut battre tout le monde "

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A l'approche de la troisième étape des World Sevens Rugby (30 et 31 janvier à Wellington) prochain), Frédéric Pomarel, le coach de l'équipe de France, juge de l'état de forme de son équipe. En 2016, les Bleus n'ont qu'un seul et unique objectif : les JO de Rio cet été. L'entraîneur des Tricolores calme le jeu et veut voir son équipe progresser à chaque sortie.

Frédéric Pomarel, dans quel état de forme est l’équipe avant le tournoi de Wellington les 30 et 31 janvier, prochaine échéance du Word Rugby Sevens ?
Plutôt bien. On a fait un cycle court mais bien pêchu. Il y a des sourires comme vous avez pu le voir sur le dernier entrainement. Mentalement et physiquement, c’est positif.

D’autant plus que vous restez sur une bonne performance, avec cette troisième place au Cap (12-13 décembre) et la victoire contre les Fidji... Cela a-t-il été un déclic ?
Je pense que l’équipe a passé un cap mental, mais lors du Championnat d’Europe cet été. Il y a aussi la qualification pour les Jeux Olympiques de Rio. Ils ont pris conscience qu’ils pouvaient faire de belles choses ensemble et avoir des résultats. Du coup, on était sur cette embellie à Dubaï (3 et 4 décembre) et au Cap. Je répète à loisir que ce que l’on a fait sportivement est bien meilleur à Dubaï qu’au Cap. Pourtant, les résultats ne le montrent pas, puisqu’on fait neuvième à Dubaï contre troisième en Afrique du Sud. La production de jeu était très proche de notre idéal de jeu. On était frustré que tout le monde nous parle de cette troisième place alors que l’on a mieux joué précédemment. Le rugby à VII est ainsi fait. Pour répondre à la question, une troisième place, c’est un podium, une médaille. Les joueurs ont pris conscience qu’ils pouvaient monter sur le podium. L’objectif à Rio, c’est imiter cela. Je pense donc qu’il y a eu un déclic.

Le fait d’avoir battu les Fidji, champions du monde en titre, c’est quand même quelque chose…
On les avait déjà battus à Dubaï il y a deux-trois ans. Cette victoire est plus construite. Il faut quand même se souvenir du début de match, où un Fidjien oublie d’aplatir... Il ne faut pas fanfaronner, mais on a été cohérents. On a fait jeu égal dans le secteur aérien, c’est ça la perf. On les a privés de ballon. On s’est retrouvé à rivaliser tout le match et à finir devant eux. C’est la première fois que ça nous arrive vraiment. On s’est donné comme objectif sur le World Series de battre tout le monde. On veut se prouver qu’on peut le faire. Commencer par les Fidjiens, c’était une bonne idée.

« Les World Series commencent vraiment à Wellington »

Après la victoire contre les Fidji, vous chutez en demi-finales. C’est typiquement français de chuter après un exploit ?
C’est pour cela aussi que le tournoi du Cap était intéressant. Derrière, on joue la troisième place contre le Kenya. C’est une équipe difficile historiquement, qui s’est reconstruit après un petit passage à vide. On avait des blessés dans nos rangs. Les joueurs ont quand même réussi à aller chercher cette victoire. On a quand même fait une belle perf derrière les Fidji. Ce qui va se passer sur Wellington et Sydney, c’est une autre affaire. Il s’est passé du temps. L’équipe n’est pas tout à fait la même. Les World Series commencent vraiment à Wellington. C’est là que les cadors sont prêts, je pense notamment aux Blacks, qui se sont pris les pieds dans le tapis lors des deux derniers tournois. Cette fois, ils sont chez eux. Ils ont rappelé l’armada. L’hémisphère sud est performant dans ce tournoi en général. Ils n’ont pas de décalage horaire, pas beaucoup de voyage. C’est un peu plus dur pour nous. Il ne faudra pas tirer des conclusions tout de suite.

Dans votre poule, il y aura les Etats-Unis, les Samoa, l’Angleterre, c’est costaud...
Ce n’est pas un cadeau. On est content de jouer les Anglais parce que c’est un bon baromètre pour nous. Ils ont fini quatrième du circuit mondial l’an dernier. On les joue souvent. On se compare un peu à eux. C’est intéressant de les jouer pour voir si on a progressé ou non. Les Américains vont être énervés parce qu’on les a tordus à Dubaï (rires). On va voir si on est capable de répondre à une équipe plus complète qui va récupérer des éléments. Les Samoans sont un peu comme nous. Des fois, ils ne sont pas réveillés. Mais si c’est le cas, il faut faire attention à eux. On veut jouer des gros matchs, progresser de sortie en sortie.

L’objectif, c’est un peu d’y aller étape par étape, histoire de monter en puissance en vue des JO à Rio, non ?
C’est surtout d’améliorer à chaque sortie un élément du jeu. On se fixe des objectifs à chaque fois. On veut battre tout le monde une fois. On a les Anglais dans la poule, autant en profiter. Les autres équipes sont des outsiders pour Rio.

« On montre qu’on peut faire des passerelles entre le VII et le XV »

Pensez-vous déjà aux JO ?
Les JO sont coincés dans nos têtes. On ne pense qu’à cela depuis six ans. Ça s’accentue aujourd’hui. C’est notre objectif. Le tournoi de Wellington est le plus relevé, dans un pays important. Pour préparer Rio, il faut être bon sur les autres échéances. Paris sera un tournoi très important. On l’a aussi dans un coin de nos têtes.

Vakatawa dans la liste de Novès avec le XV, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Une très bonne nouvelle pour tout le monde ! C’est un chouette mec. Il a fait un choix très fort. Choisir d’adopter un pays qu’est la France, de prendre sa nationalité, faire les démarches qu’il y avait à faire. C’est un vrai choix d’homme, compliqué, et il l’a fait. Dans le groupe, il est adorable, il travaille beaucoup même si ce n’est pas dans sa nature. Il a accepté de se faire mal, de nous faire confiance. Ça paye, je suis super content pour lui et l’équipe de France à VII. Le travail de cette dernière est reconnu, ce n’est pas de la prétention. On montre qu’on peut faire des passerelles entre le VII et le XV et que l’on peut être un grand joueur de rugby même si on joue à VII. Ça paraît évident pour nous depuis longtemps, mais il fallait qu’un joueur montre l’existence de ces passerelles. Viri sera celui-là. C’est une démonstration de la politique fédérale, tant décriée ces dernières années, qui porte ses fruits. Il y a aussi d’autres résultats, comme Jonathan Laugel. Il brille moins dans les médias, n’est pas convoqué dans le XV de France, mais c’est un garçon qui a suivi tout le cursus et qui est un des meilleurs joueurs à VII à son poste. Le rugby à VII est plus qu’un jeu pédagogiquement utile au XV, il peut exister. Il permet à des personnes de s’épanouir. L’équipe de France à XV va découvrir un sacré bonhomme.

Inversement, Ouedraougo et Martial viennent du XV pour rejoindre vos rangs. Que vont-ils vous apporter ?
Ils sont déjà venus sur le Championnat d’Europe. Ils nous ont apporté ce qui nous manquait. Je pense à Romain Martial dans le secteur aérien et Fulgence dans le secteur défensif. On les avait embauchés (sic) pour cela. Ils ont répondu présent. On va leur en demander un peu plus car ils savent où ils vont maintenant. Ils vont devoir participer plus activement au jeu. Ils en ont toutes les qualités. Ils vont être, à terme, des joueurs qui vont être capables de faire sauter des verrous sur le plan offensif et qui vont apporter une plus-value à l’équipe dans ce secteur. On ne va pas les cantonner à un seul rôle.

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