EXTRAITS-Conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi

le , mis à jour à 15:58
0
    FRANCFORT, 21 juillet (Reuters) - Voici les principaux 
extraits de la conférence de presse du président de la Banque 
centrale européenne (BCE), Mario Draghi, jeudi après l'annonce 
du maintien de ses taux directeurs à l'issue de la dernière 
réunion de son Conseil des gouverneurs avant la pause estivale. 
    Le taux de refinancement, principal taux directeur de la 
BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal 
à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%. Ces trois 
taux ont été modifiés pour la dernière fois le 10 mars dernier:  
   
     
    INCIDENCES DES CRÉANCES DOUTEUSES DU SECTEUR BANCAIRE 
ITALIEN 
    "Plus ce problème (des créances douteuses, NPL) durera et 
moins le système bancaire fonctionnera, tout au moins pour les 
banques aux NPL élevées. Et ces banques seront encore moins 
capables de diffuser notre politique monétaire dans l'économie 
réelle. En outre, un niveau élevé de NPL rend les banques 
particulièrement vulnérables aux marchés". 
     
    RISQUE SYSTÉMIQUE LIÉ À UNE GRANDE BANQUE ALLEMANDE 
    Question - Le FMI a distingué un grand établissement 
financier basé à Francfort comme étant l'un des principaux 
risques pour la stabilité financière mondiale. Partagez-vous 
cette préoccupation? 
    Réponse de Draghi - Je ne ferai aucun commentaire sur tel ou 
tel établissement financier. 
     
    TURQUIE 
    "Il est très difficile de savoir dans quelle mesure ces 
événements géopolitiques affecteront l'économie (de la zone 
euro) (...) Il est fort probable qu'ils affecteront la confiance 
mais il est très difficile de s'avancer sur la façon dont ils 
affecterons les choses dans un avenir immédiat." 
     
    IMPACT DU BREXIT SUR LA CROISSANCE DE LA ZONE EURO 
    "Le chiffre qui a circulé au lendemain du Brexit donnait un 
impact (sur la croissance de la zone euro) de 0,2% à 0,5% sur 
trois ans. Je pense que la Commission a publié un chiffre 
similaire, de 0,25% à 0,5%.  
    "Il faut prendre ces estimations avec un minimum de 
précaution.  
    "L'incertitude est grande parce qu'avant tout ces chiffres 
dépendront en définitive du temps qu'il faudra pour conclure ces 
négociations et donc pour livrer des perspectives que nous ne 
possédons pas aujourd'hui. 
    "En second lieu, ces chiffres dépendront aussi du résultat 
qui en sortira, c'est pourquoi je pense il vaut mieux être 
prudent. 
    "Ce qui est certain, c'est que les marchés financiers et le 
secteur bancaire ont réagi à l'événement sans se démonter; nous 
n'avons observé aucune perturbation, que ce soit suir les 
marchés financiers ou dans le secteur bancaire".  
     
    RISQUE D'ASSÈCHEMENT DU GISEMENT D'OBLIGATIONS 
    "Nous avons par le passé suffisamment fait la preuve (...) 
de notre capacité à adapter nos achats pour atteindre 80 
milliards d'euros par mois jusqu'en mars 2017 voire au-delà". 
     
    CHUTE DES ACTIONS DU SECTEUR BANCAIRE 
    "Les valorisations bancaires revêtent une importance 
certaine pour les autorités monétaires parce que, lorsqu'elles 
chutent comme elles l'ont fait, il faut en déduire que ce n'est 
pas ponctuel, que le coût du capital augmentera et qu'il y aura 
donc une baisse du rendement net des crédits, ce qui laisserait 
supposer, de la part du secteur bancaire, une politique des 
prêts plus réservée. C'est pourquoi nous nous préoccupons de la 
valeur des actions bancaires pour ce qui est de la diffusion de 
notre politique monétaire".  
     
    CRÉANCES DOUTEUSES 
    "La politique monétaire soutient en partie l'activité 
économique et son objet et de maintenir la stabilité des prix; 
d'autres mesures monétaires s'imposent toutefois pour tirer tous 
les avantages de notre politique monétaire et l'une d'elles 
consiste à s'attaquer aux créances douteuses (NPL) et plus 
généralement l'exposition à ce type de créances dans la zone 
euro. 
    "Nous n'envisagerions pas cela comme un risque mais il faut 
le traiter.  
    "Nous avons des règles en place, les règles sur les aides 
publiques et, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, ces règles 
intègrent toute la souplesse nécessaire pour faire face à des 
circonstances exceptionnelles. 
    "La prérogative et la responsabilité de faire jouer ces 
règles appartiennent à la Commission (européenne)".  
     
    BREXIT ET INFLATION 
    "Pour ce qui est des perspectives d'inflation, le Brexit ne 
semble pas avoir eu le moindre effet sur les anticipations 
d'inflation. D'un autre côté, les anticipations s'appuyant sur 
le marché montre un fléchissement marqué (des anticipations 
d'inflation) (...) puis une remontée". 
         
    ACTION POST-BREXIT 
    "Nous avons conclu que nous n'avions pas encore assez 
d'informations pour prendre une décision et nous avons jugé que, 
dans les mois à venir, lorsque nous aurons plus d'informations, 
y compris les nouvelles prévisions de l'Eurosystème, nous serons 
davantage en mesure d'évaluer la situation macroéconomiques de 
fond; aucune attention particulière n'a été accordée à une 
discussion sur des instruments spécifiques pour l'heure".  
     
    IMPACT DU BREXIT 
    "A la suite du référendum au Royaume-Uni sur l'appartenance 
à l'Union européenne, nous estimons que les marchés financiers 
de la zone euro ont surmonté le vif regain d'incertitude et de 
volatilité avec courage et résistance.  
    "La volonté affirmée des banques centrales de fournir si 
nécessaire de la liquidité et nos mesures de politique monétaire 
accommodante, ainsi que notre solide cadre réglementaire et 
prudentiel, ont tous permis de contenir la tension du marché. 
Les conditions de financement restent nettement avantageuses." 
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant