Explosions lors d'un meeting de l'opposition turque, 2 tués

le , mis à jour à 22:23
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(Actualisé avec détails §8-9, déclarations Erdogan §12) par Seymous Cakan ISTANBUL, 5 juin (Reuters) - Deux personnes ont été tuées et plus de 100 autres blessées par deux explosions lors d'un rassemblement du parti d'opposition pro-kurde HDP à Diyarbakir dans le sud-est de la Turquie deux jours avant les élections législatives qui pourraient voir le parti au pouvoir AKP perdre sa majorité absolue. Les circonstances de cet incident demeurent peu claires pour l'instant et le Premier ministre Ahmet Davutoglu a déclaré qu'il n'avait pas été établi si les explosions avaient été provoquées par un accident ou par un attentat. "Nous ne savons pas pour l'instant s'il s'agit d'un attentat ou d'un accident. Mais nous découvrirons quelle en est la cause", a dit Ahmet Davutoglu lors d'un rassemblement de ses partisans à Gaziantep. Dans un premier temps, il a été fait état d'une seule déflagration mais un haut responsable des services de sécurité a indiqué à Reuters qu'il y avait bien eu deux explosions. La cause de l'accident avait d'abord été imputée au mauvais fonctionnement d'un transformateur électrique avant que cette hypothèse soit écartée par le ministre de l'Energie. Le ministre de la Santé Mehmet Muezzinoglu a avancé un premier bilan d'une cinquantaine de blessés avant que son collègue de l'Agriculture le révise à la hausse et annonce deux morts et plus de 100 blessés. Des médecins à l'hôpital de Diyarbakir ont affirmé à Reuters qu'une centaine de personnes avaient été admises pour des soins et un appel a été lancé en faveur de dons de sang. ERDOGAN DÉNONCE UNE PROVOCATION Un photographe britannique présent sur place a raconté qu'environ cinq minutes s'étaient écoulées entre les deux explosions. La première s'est produite dans une poubelle et la seconde devant un transformateur électrique. "La police a fait usage de gaz lacrymogènes contre les gens qui tentaient d'aider les blessés ou qui s'enfuyaient et cela a envenimé la situation", a-t-il précisé. Le chef de file du Parti démocratique populaire (HDP), Selahattin Demirtas, a appelé ses partisans à conserver leur calme dans une interview à la chaîne turque de CNN. "Nous ne savons pas ce qui a provoqué l'explosion", a-t-il ajouté, s'étonnant que cela intervienne si près des élections. Les explosions se sont produites juste avant que Demirtas prenne la parole devant quelques dizaines de milliers de partisans. La police a fait usage de canons à eau pour disperser les participants qui demeuraient sur place. Le meeting a été annulé. Le président Recep Tayyip Erdogan a estimé qu'il s'agissait d'une "provocation" destinée à troubler la paix et l'ordre avant les élections. Dans un communiqué, il exprime sa tristesse et ses condoléances aux familles des victimes et annonce qu'une enquête a été ouverte. Cet incident intervient deux jours avant les élections législatives au cours desquelles le Parti de la justice et du développement (AKP) d'Erdogan pourrait perdre sa majorité absolue au Parlement pour la première fois depuis 2002. La campagne électorale a été marquée pour une progression du HDP qui pourrait devenir la première formation d'origine kurde à avoir des députés si elle franchissait le seuil de 10% des suffrages comme l'exige le code électoral. La sécurité a été renforcée lors des meetings de l'HDP. Jeudi des échauffourées se sont produites lors d'un rassemblement dans la ville d'Erzurum où des nationalistes ont affronté des partisans de Demirtas. Le patron de l'HDP a précisé que sa formation avait été la cible de plus de 70 agressions violentes au cours de la campagne. (Humeyra Pamuk et Ayla Jean Yackley; Pierre Sérisier pour le service français)

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