Explosion d'une bombe à Damas, trois blessés

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EXPLOSION D'UNE BOMBE DANS LE CENTRE DE DAMAS
EXPLOSION D'UNE BOMBE DANS LE CENTRE DE DAMAS

par Hadeel Al Shalchi

ALEP, Syrie (Reuters) - Une bombe a explosé mercredi dans le centre de Damas à proximité de plusieurs bâtiments de l'armée et d'un hôtel où sont logés les observateurs de la mission de l'Onu, blessant trois personnes.

Aucun observateur n'a été blessé dans cette explosion qui survient quatre semaines après l'attentat qui a décimé une partie de l'appareil sécuritaire du président Bachar al Assad, dont son beau-frère.

"Il s'agit d'un nouvel acte criminel qui prouve l'étendue de l'attaque à laquelle la Syrie est confrontée et la nature criminelle et barbare de ceux qui mènent ces attaques, ainsi que leurs soutiens en Syrie et à l'étranger", a déclaré aux journalistes présents sur place le vice-ministre des Affaires étrangères, Faiçal Mekdad.

La bombe, placée dans un parking situé derrière l'hôtel "Dama Rose", a fait exploser un camion citerne à 08h30 (O5h30 GMT), endommageant l'immeuble situé en face de l'établissement et recouvrant de cendres des véhicules de l'Onu garés à proximité.

La responsable des opérations humanitaires de l'Onu, Valerie Amos, en mission en Syrie afin d'accroître l'aide humanitaire à apporter aux civils, rencontrait des responsables de l'Union européenne à Damas au moment de l'attaque.

La cible de l'attentat n'est pas claire. Le quartier où l'explosion s'est produite abrite également le club des officiers de l'armée, un bâtiment du parti Baas au pouvoir et un bureau de l'état-major.

Des groupes se désignant comme la "Brigade des descendants du Prophète" et la "Brigade Al Habib al Moustafa" ont revendiqué conjointement sur Facebook l'explosion, qui, selon eux, a tué 50 soldats.

Un avion de guerre a bombardé mercredi la ville d'Azaz, proche de la frontière turque, tuant au moins 30 personnes, selon des militants.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH, opposition) a annoncé que des dizaines de personnes avaient été tuées.

D'après un organe de l'opposition, plus de 160 personnes, dont 150 civils, ont été tués mardi à travers la Syrie.

HÔPITAL FRAPPÉ PAR UN MISSILE

Selon des sources au sein de l'opposition, 18.000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement en mars 2011.

Des missiles de l'armée de l'air ont frappé mercredi l'hôpital Al Chifaa situé dans un quartier d'Alep tenu par les rebelles, blessant une personne, selon un médecin présent sur place.

L'ONG Human Rights Watch, qui a interviewé des membres du personnel médical présent sur place, a déclaré que cette attaque était une violation du droit international.

Un puissant clan chiite libanais a annoncé mercredi avoir enlevé plusieurs rebelles syriens en représailles à l'enlèvement d'un de leurs proches par l'Armée syrienne libre (ASL) à Damas.

Plus de 20 Syriens ont été capturés dans la nuit de mardi à mercredi au Liban selon Maher al Meqdad, membre du clan et parent d'Hassan al Meqdad, enlevé il y a deux jours à Damas par l'Armée syrienne libre (ASL), qui combat le régime de Bachar al Assad.

"La boule de neige grossira", a-t-il déclaré à l'agence de presse officielle libanaise, mettant en garde "le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie et leurs ressortissants".

La Syrie devait être suspendue mercredi par l'Organisation de la coopération islamique (OCI) réunie en sommet à La Mecque, en Arabie saoudite, en dépit de objections de l'Iran chiite, principal allié du président Bachar al Assad.

Cette mesure prise par l'OCI, qui regroupe 56 Etats plus l'Autorité palestinienne, reste toutefois symbolique et ne devrait pas avoir de répercussion concrète sur le régime Assad. Elle témoigne cependant de l'isolement de Bachar al Assad dans la plus grande partie du monde arabe, à majorité sunnite.

Des enquêteurs des droits de l'homme des Nations Unies ont conclu mercredi que les forces gouvernementales syriennes et les milices "chabiha" avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Ils ont également indiqué dans leur rapport que les crimes de guerre qui pouvaient être imputés aux insurgés n'avaient pas la gravité, la fréquence et l'amplitude de ceux perpétrés par le camp du régime.

Erika Solomon, Juliette Rabat pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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