Exilé en France, un économiste refuse de revenir en Russie

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IEKATERINBOURG, Russie (Reuters) - L'économiste russe Sergueï Gouriev, qui a choisi de s'exiler en France, a décliné mardi une invitation de Vladimir Poutine à rentrer en Russie où, selon le chef du Kremlin, "personne ne le menace".

Cet ancien conseiller du Premier ministre Dmitri Medvedev a confirmé la semaine dernière qu'il avait rejoint sa famille en France après avoir été interrogé par des membres du Comité d'enquête, l'équivalent russe du FBI américain, sur Mikhaïl Khodorkovski, l'ex-patron du groupe pétrolier Ioukos emprisonné pour fraude fiscale depuis 2005.

L'économiste de 41 ans a jugé l'interrogatoire hostile.

Sergueï Gouriev avait cosigné en 2010 un rapport au conseil russe des droits de l'homme critiquant la deuxième condamnation infligée à Mikhaïl Khodorkovski. Il s'en est également pris à la corruption au sein de l'élite politique russe.

S'exprimant lors d'un sommet russo-européen, à Iekaterinbourg, Vladimir Poutine a assuré que le départ de Gouriev avait été surmédiatisé et que l'économiste pouvait rentrer quand bon lui semblait en Russie. "Personne ne l'a menacé", a dit Poutine. "S'il veut revenir, qu'il revienne."

Ces paroles n'ont pas suffi à rassurer l'économiste libéral.

"Je pense qu'il est plus sûr pour moi de rester libre et de ne pas retourner (en Russie)", a-t-il dit dans un courriel à Reuters. "(Poutine) dit que je suis libre de revenir si je veux. J'ai déjà entendu cela auparavant (mais) les activités et les menaces (du comité d'enquête) se sont poursuivies et même intensifiées par la suite."

Alexeï Anishchuk, Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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