Exercice "Flintlock", l'US Army forme les Africains face à Boko Haram

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par Daniel Flynn MAO, Tchad, 25 février (Reuters) - Un millier de soldats venus de 28 pays participent cette année à l'exercice "Flintlock" ("Fusil à silex"), organisé depuis 2006 à l'initiative des Etats-Unis dans la région sahélienne pour former les forces locales à lutter contre le terrorisme islamiste. Parmi eux, 85 militaires tchadiens s'entraînent au tir sous la direction d'un instructeur des forces spéciales américaines près de Mao, dans l'ouest du Tchad. Les autorités de N'Djamena ont décidé d'engager des centaines de soldats tchadiens dans la lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram. "Même avant la guerre lancée par Boko Haram, nous étions préparés à affronter un adversaire de ce type", explique le capitaine tchadien Zakaria Magada, dont le Groupe spécial antiterroriste est équipé et entraîné par les Américains. "Boko Haram n'est qu'une milice composée de civils. Nous, nous sommes une armée organisée. Ils ne peuvent pas faire le poids face à nous." La réputation des forces armées tchadiennes n'est plus à faire, après des décennies de guerres et d'insurrections. En 2013, lors des combats contre les islamistes dans le désert du nord du Mali, les soldats tchadiens ont encore donné la preuve de leur efficacité. Mais la technique peut parfois laisser encore à désirer. Dans les premiers jours de l'exercice "Flintlock", qui doit durer trois semaines, les instructeurs du 10e groupe des forces spéciales américaines ont dû rappeler à leurs élèves certains gestes de base, comme le réglage d'un système de visée ou le nettoyage d'une arme. LE NIGERIA VEUT DES ARMES Le but de ces manoeuvres annuelles est avant tout de renforcer les relations entre les pays africains et leurs partenaires occidentaux, face aux défis posés par les islamistes et trafiquants en tout genre dans la région. Les efforts pour mettre en place une force d'intervention multinationale face à Boko Haram souffrent d'un manque de coopération entre les pays de la région. "C'est aux nations africaines de trouver les solutions à leurs problèmes", déclare le général James Linder, chef des opérations spéciales du commandement américain en Afrique. "Ce n'est pas à nous de le faire pour eux." Si la France a déployé 3.000 soldats en Afrique pour combattre les islamistes, l'armée américaine se contente de fournir du matériel et des formations à ses alliés. Elle peut aussi parfois participer à des missions spécifiques, comme la traque du dirigeant de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony. "Le monde a besoin de stabilité en Afrique et cette stabilité ne peut être assurée que par les pays africains eux-mêmes", insiste le général Linder. Washington a renforcé sa coopération militaire avec le Nigeria à la suite de l'enlèvement de 300 jeunes filles par Boko Haram en avril dernier. Mais le refus du Pentagone de vendre à Abuja des hélicoptères de combat Cobra a été mal pris par les Nigérians. "Si nous avions assez d'armes et de munitions, nous pourrions en finir avec Boko Haram en seulement une semaine", affirme un membre des forces d'élite nigérianes qui participe à "Flintlock". Le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin se préparent à mettre en place le mois prochain une force de 8.700 hommes pour combattre les islamistes. Les Etats-Unis fournissent renseignement et matériel. Des casques et des gilets pare-balles sont ainsi arrivés cette semaine au Cameroun. (Guy Kerivel pour le service français)

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