Exclure la Grèce de Schengen ne réglera pas la crise, dit Tusk

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    par Renee Maltezou et Karolina Tagaris  
    ATHENES, 16 février (Reuters) - Exclure la Grèce de l'espace 
Schengen ne résoudra pas la crise des migrants, qui constitue un 
test de la cohésion européenne, a prévenu mardi le président du 
Conseil européen, Donald Tusk, en visite à Athènes. 
    "A tous ceux qui parlent d'exclure la Grèce de l'espace 
Schengen, je dis que cela ne résoudra pas la crise des 
migrants", a-t-il dit après avoir été reçu par le Premier 
ministre grec, Alexis Tsipras. 
    "Soyons clair, exclure la Grèce de l'espace Schengen ne 
résoudrait aucun de nos problèmes", a-t-il insisté. 
    Principale porte d'entrée dans l'Union européenne pour les 
migrants et réfugiés venant du Proche-Orient, la Grèce a vu plus 
d'un million d'entre eux transiter par son territoire en 2015. 
Membre de l'espace Schengen, le pays ne partage aucune frontière 
avec les autres Etats liés par cet accord de libre circulation. 
    Le gouvernement Tsipras déplore l'absence de soutien de ses 
partenaires européens; ces derniers lui reprochent son inaction. 
    Plusieurs membres du bloc communautaire, dont l'Allemagne, 
ont mis en avant les difficultés d'Athènes pour justifier le 
rétablissement temporaire des contrôles aux frontières 
intérieures de l'espace Schengen. 
    Ces mesures transitoires expirant en mai, les Etats de 
l'Union ont donné à Athènes un délai de trois mois pour régler 
les "défaillances sérieuses" à ses frontières, notamment en 
matière d'enregistrement, de surveillance des zones maritimes ou 
encore de contrôles aux frontières.   
    Réunis lundi à Prague, les dirigeants des pays du Groupe de 
Visegrad (République tchèque, Pologne, Hongrie et Slovaquie) et 
leurs homologues bulgare et macédonien -- deux pays frontaliers 
de la Grèce -- ont réclamé que l'UE se dote d'un plan B si 
Athènes se révèle dans l'incapacité d'y remédier. 
     
    QUATRE "HOTSPOTS" OPÉRATIONNELS EN MER ÉGÉE 
    L'Europe doit améliorer la protection de ses frontières 
extérieures, a reconnu Donald Tusk à Athènes. Cela passe, a-t-il 
ajouté, par davantage d'efforts des autorités grecques mais 
aussi par plus de soutien de leurs partenaires européens. 
    "La crise migratoire teste les limites de notre union", a 
insisté le président du Conseil européen.     
    Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a annoncé 
mardi à la presse que quatre des cinq centres d'enregistrement 
("hotspots") prévus pour traiter les arrivées de migrants et de 
réfugiés en Grèce étaient désormais prêts à les recevoir. 
  
    Ces quatre centres sont situés dans les îles de Samos, 
Lesbos, Chios et Leros, proches de la côte turque. Le cinquième, 
qui se trouve à Kos, où des habitants se sont opposés à son 
ouverture, sera prêt dimanche.  
    Deux bases militaires désaffectées situées sur le continent 
doivent en outre être utilisées comme centres de répartition. 
Elles peuvent chacune recevoir jusqu'à 4.000 personnes.  
    Une réunion consacrée à l'aggravation de la crise migratoire 
à la suite des bombardements aériens dans la région d'Alep, dans 
le nord de la Syrie, se tiendra jeudi à la mi-journée à 
Bruxelles entre la Turquie et une dizaine de pays de l'Union 
européenne, dont la France et l'Allemagne, a-t-on appris lundi 
de source diplomatique européenne. 
    Cette réunion précédera de quelques heures l'ouverture du 
sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit, que 
devrait dominer la question parallèle de la renégociation des 
relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.     
 
 (Nicolas Delame, Jean-Philippe Lefief, Eric Faye et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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