Exane revoit le modèle de valorisation des banques d'affaires

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PARIS (Reuters) - L'époque faste où les banques d'investissement européennes pouvaient dégager de gros profits sans risque sur leurs activités de trading sur les marchés de taux est révolue et il va falloir revoir en baisse les perspectives de profits du secteur, soulignent les analystes d'Exane BNP Paribas.

Dans une note de recherche publiée lundi, le broker a repris la couverture des banques suisses UBS et Credit Suisse, à "sous-performance", ainsi que celle de Deutsche Bank, à "neutre", en s'efforçant, disent-ils, d'adopter un point de vue "réaliste" sur les perspectives du secteur.

"Toute la période 2001-2007 doit être considérée comme une période exceptionnelle et non représentative de l'histoire des marchés financiers, où il apparaissait possible (à tort) de réaliser des profits importants et sans risque dans l'activité de trading sur les marchés à taux fixes", écrivent-ils.

Le secteur doit revenir à un modèle plus standard de développement, rééquilibrant son "mix revenu" et rationalisant sa base de coût, ce qui donnera des institutions qui correspondent mieux à leur rôle économique mais moins rentables, disent-ils.

"De notre point de vue, dans l'environnement actuel, il devrait y avoir un retour à la 'bonne vieille règle générale' qui veut que le trading couvre les coûts, tandis que les marchés des capitaux et l'activité de conseil dégagent les profits."

"Cela est plus conforme à la fonction économique des banques d'investissement qui est de fournir un réseau de distribution pour les émissions de titres. Malheureusement, le niveau de rentabilité dans le cadre de cette règle générale est sensiblement inférieur au consensus actuel, qui continue de tabler sur un retour aux 'anciennes normes' de profitabilité."

Les analystes d'Exane estiment qu'au-delà de cette moindre rentabilité, le secteur doit être valorisé sur la base de multiples structurels plus faibles que par le passé, afin de prendre en compte l'éclatement à intervalles réguliers des bulles sur les marchés financiers, à l'instar de la crise des subprimes en 2007 et 2008.

"Nous avons vu que pour chacune des bonnes années, il faut prendre en compte 'le crash qui n'a pas eu lieu'", écrivent-ils.

"A notre avis, les pertes de valorisation des actifs au prix du marché et les épisodes de 'rogue traders' (traders indélicats, NDLR) doivent être traités comme un coût inhérent à cette activité."

Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez

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