Exactions des forces irakiennes près de Mossoul, selon Amnesty et HRW

le
0
 (Actualisé avec démenti du gouvernement irakien) 
    BAGDAD, 10 novembre (Reuters) - Des membres des forces 
gouvernementales irakiennes ont tué et torturé des civils au sud 
de Mossoul dans leur progression vers la grande ville du nord de 
l'Irak tenue par les djihadistes de l'Etat islamique, rapportent 
jeudi Amnesty International et Human Rights Watch. 
    Les deux organisations internationales de défense des droits 
de l'homme, dans des rapports distincts, portent les premières 
accusations de ce genre depuis le début de la contre-offensive, 
le 17 octobre, pour chasser les djihadistes d'une ville qu'ils 
occupent depuis juin 2014. 
    Amnesty International rapporte que jusqu'à six cadavres de 
personnes soupçonnées de liens avec l'EI ont été découverts dans 
les secteurs de Choura et de Kayara. 
    "Des hommes en uniforme de la police fédérale (irakienne) 
ont procédé à de multiples assassinats, interpellant puis tuant 
délibérément de sang froid des habitants de villages situés au 
sud de Mossoul", a déclaré Lynn Maalouf, directrice de recherche 
adjointe au bureau d'Amnesty à Beyrouth. 
    Le Premier ministre irakien, Haïder al Abadi, a démenti le 
contenu du rapport d'Amnesty, disant que ce sont des habitants 
et pas des soldats de l'armée gouvernementales qui ont tué des 
membres de l'EI.  
    Il a reproché à l'organisation de semer la peur avec de tels 
rapports et dit qu'elle devrait assumer la responsabilité des 
déplacements de population qui pourraient survenir sur la base 
de pareilles informations. 
    Human Rights Watch (HRW) rapporte pour sa part qu'au moins 
37 hommes soupçonnés d'être affiliés à l'EI ont été arrêtés par 
des forces irakiennes et kurdes à des points de contrôle, dans 
des villages et dans des centres d'accueil des populations 
déplacées autour de Mossoul et d'Haouidja, plus au sud. 
    Leurs proches disent n'avoir aucune nouvelle d'eux. Selon 
HRW, cette pratique "accroît significativement le risque 
d'autres violations", y compris la torture. 
    Le porte-parole du gouvernement régional du Kurdistan 
irakien, Dindar Zebari, a opposé un démenti aux affirmations de 
HRW, expliquant que l'information aux familles des personnes 
interpellées se heurtait à des difficultés et des ressources 
limitées. 
    "Nul n'est détenu dans des centres inconnus. Ils sont 
détenus dans des installations identifiées", a-t-il dit. 
 
 (Stephen Kalin, Henri-Pierre André et Gilles Trequesser pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant