Evo Morales sans rival pour la présidence bolivienne

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par Enrique Andres Pretel LA PAZ, 13 octobre (Reuters) - Evo Morales, au pouvoir depuis 2006, pourrait avoir décroché ce dimanche dès le premier tour de l'élection présidentielle un troisième mandat d'affilée à la tête de la Bolivie. Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 (20h00 GMT) et les premiers résultats sont attendus dans la soirée. Mais les derniers sondages d'intention de vote le créditaient de plus de quarante points d'avance sur son plus proche rival. Un succès, et l'ancien producteur de coca, premier Indien à avoir accédé à la présidence de la nation andine, sera parti pour établir un record de longévité. Au moment d'accomplir son devoir électoral, Morales a appelé les électeurs à faire la démonstration de l'unité du pays. De longues files d'attente se sont formées dimanche à l'entrée des bureaux de vote, et les observateurs de l'Organisation des Etats américains (OEA) ont dit n'avoir vu aucun incident. "J'ai voté pour Morales parce que les autres candidats, ceux de droite, nous ramèneraient en arrière", témoigne Flavia Nunez, une employée de bureau de cinquante ans croisée dans le centre de La Paz. Le slogan de ses affiches de campagne - "avec Evo, nous allons bien" - renvoie au succès de la politique économique menée par le président sortant, qui peut se targuer d'une croissance moyenne du produit intérieur brut supérieure à 5% par an. "PERSONNE AVANT LUI NE NOUS AVAIT DONNÉ QUOI QUE CE SOIT" Le président de gauche a nationalisé des secteurs clefs de l'économie, dont le pétrole et le gaz, et a réinvesti les bénéfices dans des programmes sociaux, l'éducation et l'amélioration des infrastructures routières du pays. En 2006, plus du tiers des Boliviens vivaient sous le seuil d'extrême pauvreté. La proportion est passée aujourd'hui sous les 20%. Parallèlement, la part des revenus pétroliers et gaziers dans le PIB a explosé de 10 à 35%. "Son gouvernement a repris le contrôle des ressources naturelles au nom du peuple et les a données aux pauvres. C'est pour ça que nous voulons Evo, parce que personne avant lui nous avait donné quoi que ce soit", déclarait la semaine passée Janette Gonzalez, une électrice d'El Alto, faubourg populaire de La Paz. Amendée en 2009, la Constitution limite à deux quinquennats consécutifs l'exercice du pouvoir présidentiel. Mais Morales a pu se représenter à la suite d'un arrêt de la Cour suprême qui a jugé l'an dernier que la première partie de son mandat, entre 2006 et 2009, antérieure à la réforme constitutionnelle, ne devait pas être prise en compte. Pour l'emporter dès le premier tour, Morales doit obtenir 50% des suffrages exprimés, ou 40% avec au moins dix points d'avance sur son plus proche rival. La semaine dernière, un sondage Ipsos le créditait de 59% des intentions de vote, loin devant Samuel Doria Medina, un magnat du ciment qu'il a déjà battu lors des deux précédentes élections, et Jorque Quiroga, qui fut brièvement président en 2001-2002. Doria Medina, qui a voté dans un quartier sud de La Paz, a souligné le caractère aléatoire des sondages en Bolivie, avec une marge d'erreur estimée à 33%. "C'est pour cela que nous sommes encore optimistes", a-t-il affirmé. Le vote est obligatoire en Bolivie, où les quelque six millions d'électeurs devaient aussi renouveler le Congrès, ou le MAS (mouvement vers le socialisme) de Morales est majoritaire. (Henri-Pierre André pour le service français)

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