Evacuation de la «jungle» de Calais : terminus en Bourgogne

le , mis à jour à 07:58
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Evacuation de la «jungle» de Calais : terminus en Bourgogne
Evacuation de la «jungle» de Calais : terminus en Bourgogne

Un car blanc longe le mur en pierre et se gare devant le château de Montlaville. Il est 17 heures et, après un long voyage qui les a conduits du sable du Nord aux vignes de Bourgogne, une dizaine de Soudanais découvrent leur nouvel environnement. Tapes dans le dos, bienvenue de circonstance, plusieurs bénévoles accueillent ces hommes d'une trentaine d'années souvent coiffés d'un épais bonnet. Un second car devait faire son arrivée plus tard. Pour ces migrants, place à ce village viticole de 200 âmes, son puits avec sa margelle en pierre et son église romane. Et c'est à peu près tout. « A part jouer aux dames, ils n'ont rien à faire ici, les plaint presque un voisin de cet ancien centre de vacances reconverti en centre d'accueil et d'orientation (CAO). Il faut faire 8 km pour trouver le premier magasin à Tournus. En plus, ils n'ont pas le droit de travailler. Dans ces conditions, on voit mal comment ils pourraient s'intégrer. »

 

La présence de la sous-préfète donne une tournure particulière à l'événement mais les habitants de Chardonnay ne s'émeuvent plus guère de la venue de ces nouveaux voisins. Car, depuis fin juillet, les arrivées s'enchaînent régulièrement dans ce centre de transit où les migrants bénéficient de cours de français et d'un suivi sanitaire avant de poursuivre leur parcours, souvent vers un centre de demandeurs d'asile. « Ici, c'est très bien. Les talibans, pas bien », balbutie en anglais un Afghan de 22 ans présent à Chardonnay depuis quelques semaines.

 

Indifférence

 

Même si de la défiance se manifeste encore à leur égard — une villageoise invoque une prétendue « insécurité » quand un riverain ose railler « des hommes qui fuient plutôt que de se battre dans leur pays » —, l'indifférence semble être la norme. « Au départ, on a ressenti une certaine inquiétude, surtout qu'on a été mis devant le fait accompli le matin pour le soir même. Quarante personnes dans ...

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