Évacuation d'un lycée parisien occupé par des migrants

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* 700 à 800 migrants présents selon les estimations * Ils seront dirigés vers des centres d'hébergement * Le lycée désaffecté était insalubre (Actualisé avec détails) par Simon Carraud PARIS, 23 octobre (Reuters) - La police a procédé vendredi matin à l'évacuation dans le calme d'un lycée désaffecté dans le XIXe arrondissement de Paris, occupé depuis le mois de juillet par plusieurs centaines de migrants envoyés dans des centres d'hébergement. Les occupants de ce bâtiment devenu insalubre, parmi lesquels de nombreux Afghans et Soudanais, mais aussi des migrants venus de pays du Maghreb, ne se sont pas opposés aux opérations qu'ils attendaient pour certains avec impatience. Chacun d'entre eux n'a été prévenu de sa destination qu'une fois monté dans l'un des bus réquisitionnés. "Il y a 45 centres d'hébergement en Île-de-France et en province qui sont ouverts pour accueillir ces gens", a dit à Reuters Sophie Brocas, secrétaire générale de la préfecture de Paris et d'Île-de-France, présente sur les lieux. "Ils ont un mois pour engager des démarches et notamment dire s'ils veulent demander l'asile à la France. Si au bout d'un mois ils n'ont entrepris aucune démarche, on en déduit qu'ils n'ont pas envie de rester là", a-t-elle poursuivi. Ceux qui auront fait une demande d'asile en bonne et due forme seront pris en charge jusqu'à la fin de la procédure, précise-t-elle. Une centaine de personnes s'étaient installées au coeur de l'été dans l'ex-lycée Jean-Quarré, puis le nombre d'occupants n'avait cessé de croître pour atteindre, selon les estimations, 700 à 800 personnes serrées dans des salles de classe transformées en dortoirs. La mairie de Paris n'avait pas réagi aussitôt, avant de se tourner vers la justice pour obtenir l'évacuation de l'établissement dont elle souhaite faire un centre d'hébergement d'urgence et, à plus long terme, une médiathèque. Le dénouement était inéluctable mais les occupants s'attendaient à une venue des policiers en début de semaine prochaine: le tribunal administratif de Paris leur avait donné, le 25 septembre dernier, un mois pour quitter les lieux. "POUR ALLER OÙ ?" Selon Sophie Brocas, l'évacuation était "urgente": les conditions d'hygiène et de sécurité n'étaient selon elle plus tenables, d'autant que le recours à des moyens de chauffage de fortune faisait craindre le déclenchement d'incendies. "On a assisté à une dégradation brutale de la situation au mois de septembre", disait-on à la mairie de Paris il y a quelques jours. Reuters a pu constater en fin de semaine dernière que les migrants vivaient dans des conditions difficiles, en particulier sur le plan de l'hygiène -- le lycée ne comptait que quatre douches. Tout concourait à donner au décor une atmosphère carcérale: la façade grise, les cris qu'on entendait monter dans les cages d'escalier, le pas des hommes qui arpentaient la cour plus par désoeuvrement que pour se rendre d'un point à un autre. Les migrants, une majorité d'hommes, mais aussi des femmes et quelques enfants, s'étaient répartis dans une quarantaine de salles, dont le sol était parfois entièrement couvert de matelas, selon leur nationalité -- là les Afghans, ici les Soudanais, ici encore les Erythréens. Faute de place suffisante, certains s'étaient aménagé un abri dans la cour. "Il y a des bagarres et on a faim", déplorait Saddam, un Soudanais passé par la Libye pour rejoindre l'Europe. "On aimerait partir, mais pour aller où ?" Certains étaient en transit vers Calais, d'autres avaient jugé qu'ils ne parviendraient pas à traverser la Manche et revenaient du Pas-de-Calais, mais la plupart avait choisi de rester en France. L'Île-de-France est, selon les chiffres de l'Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), la principale destination des demandeurs d'asile, avec 39% des premières demandes déposées en France. (Avec Noémie Olive, édité par Yves Clarisse)

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