Eva Joly minimise son échec et rallie François Hollande

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Eva Joly minimise son échec et rallie François Hollande
Eva Joly minimise son échec et rallie François Hollande

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Les écologistes et leur candidate à la présidentielle Eva Joly ont annoncé dimanche soir leur ralliement à François Hollande au soir d'un cuisant échec, qu'ils s'emploient à minimiser dans la perspectives des législatives de juin.

Rassemblés au Bataclan à Paris, les militants d'Europe Ecologie-Les Verts ont tenté de faire bonne figure en acclamant longuement l'ancienne juge de 68 ans, qui recueille finalement environ 2% des voix, loin des 7% que lui promettaient les sondages à l'automne 2011 et loin du meilleur score présidentiel des Verts, celui de Noël Mamère (5,25%) en 2002.

La candidate, ainsi ramenée peu ou prou à l'échec de Dominique Voynet en 2007 (1,57%) a lancé un clair appel au vote Hollande, teinté toutefois de certaines réserves.

"J'appelle dès à présent toutes celles et ceux qui ont voté pour moi et au-delà à tout faire pour que notre pays sorte enfin du sarkozysme en se rassemblant derrière la candidature de François Hollande", a-t-elle dit aux militants.

Le candidat socialiste a obtenu selon les instituts de sondage aux alentours de 29% des voix, devançant Nicolas Sarkozy qui est donné entre 25,5 et 27% des voix.

Elle propose aux militants une "mobilisation permanente pendant 15 jours", avec une apothéose le 1er mai pour une "reconquête républicaine".

Cependant, a-t-elle dit, "cette majorité (entre socialistes et écologistes-NDLR) devra être une majorité de combat". Elle a insisté sur le principe de "justice" qui "devra être la boussole de la nouvelle majorité", a-t-elle dit.

Sur la principale pierre d'achoppement avec les socialistes, le dossier nucléaire, elle a dit : "La France soit sortir du nucléaire, lutte contre le dérèglements climatiques, convertir son économie au développement durable."

Ce dossier est à l'origine de vifs échanges EELV-PS, François Hollande proposant de réduire la part du nucléaire dans l'électricité de 75% à 50% d'ici 2025. Seule la centrale de Fessenheim en Alsace serait fermée dans les cinq prochaines années, a-t-il annoncé.

UN ÉCHEC PERSONNEL ET STRATÉGIQUE

Les ténors du parti, qui avaient un temps rêvé d'un triomphe après les 16,3% des européennes de 2009, ont mis sur le compte du contexte socio-économique et du "vote utile" pour François Hollande la disparition de leur électorat.

"C'est un résultat auquel on commençait à s'habituer avec les sondages, ça a été une campagne difficile. Il y a eu le vote efficace en faveur de François Hollande, la question écologiste est sortie des plateaux, des débats, des discussions", a dit le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé.

Yannick Jadot, un des principaux lieutenants d'Eva Joly, a dit à Reuters qu'à ses yeux, le résultat s'expliquait aussi de cette manière.

"Les Français, ce soir, ont déjà fait le second tour (...) Une bonne partie des écologistes ont souhaité faire monter très haut François Hollande pour sortir Nicolas Sarkozy", a-t-il dit.

Le parti, qui a passé un accord avec le PS susceptible de lui permettre de constituer un groupe à l'Assemblée nationale pour la première fois sous la Ve République, est mis en difficulté par son mauvais score mais pas autant qu'il pouvait le croire, leur nouveau rival Jean-Luc Mélenchon ne parvenant au score espéré, à un peu plus de 10% des voix.

Les dirigeants écologistes sont pressés de tourner la page de la présidentielle, d'autant plus qu'ils ambitionnent aussi une participation dans le gouvernement, comme l'a dit le député européen Daniel Cohn-Bendit lors du dernier meeting à Paris la semaine dernière.

Plusieurs dirigeants écologistes, dont la patronne du parti Cécile Duflot et le sénateur Jean-Vincent Placé, se voient prêter l'ambition d'entrer au gouvernement en cas de victoire de François Hollande.

L'accord PS-EELV accorde aux candidats écologistes le statut de candidat unique dans plusieurs dizaines de circonscriptions, mais des débats locaux sont déjà vifs entre écologistes et socialistes.

Le parti risque cependant de plonger dans des débats internes sur l'opportunité même de présenter quelqu'un à la présidentielle, ce que Daniel Cohn-Bendit jugeait improductif.

La campagne d'Eva Joly, qui a privilégié le thème de la corruption et les attaques contre Nicolas Sarkozy, par rapport aux questions d'environnement, n'a pas fait l'unanimité en interne.

Edité par Yves Clarisse

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