Eurotunnel: des ventes trimestrielles très attendues.

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(CercleFinance.com) - Faut-il désespérer d'Eurotunnel ? En Bourse, l'opérateur du tunnel sous la Manche reliant le Royaume-Uni au continent européen est l'une des victimes collatérales du risque de “Brexit”, et de nombre de “vents contraires” ces derniers mois. D'environ 14,5 euros voilà un an, voilà l'action revenue sur les 10 euros. Notons que le groupe publiera demain son point d'activité trimestriel.

Rappelons grosso que de 2010 à 2013, l'action Eurotunnel a été considérée comme de la 'dead money' (que l'on pourrait traduire par une “placement mort”) par les investisseurs, le titre se traitant alors sans grand mouvement autour des 6 euros.

En effet, Eurotunnel porte toujours une imposante dette nette de l'ordre de 3,5 milliards d'euros qui, en 2015, a coûté quelque 263 millions d'euros en frais financiers. Ce qui se compare un excédent brut d'exploitation (EBITDA, en anglais) de 542 millions d'euros cette même année.

Cependant, force est de constater que les investisseurs en action ont repris le pas sur les porteurs d'obligations, la capitalisation boursière d'Eurotunnel étant de l'ordre de 5,6 milliards d'euros. En effet, le groupe a profité des taux bas pour renégocier avantageusement certaines de ses échéances de crédit, et il a aussi commencé à rembourser sa dette. Sur cette base, en Bourse, une puissante “recovery” a commencé à partir de l'automne 2013. Elle a mené le titre, le 5 mai 2015, jusqu'à un sommet de 14,57 euros qui paraît aujourd'hui bien loin.

En effet, l'année 2015 a été plus difficile : elle a notamment été marquée par la perturbation du fonctionnement du tunnel par les migrants tentant de passer outre-Manche, et les investissements nécessaires à la sécurisation des installations. Le groupe dirigé par Jacques Gounon a aussi été contrarié par la justice dans ses ambitions du côté des car-ferries Calais-Douvres, secteur dont il est pratiquement sorti. Et les attentats terroristes de Paris, en novembre, n'ont évidemment rien arrangé. S'y ajoute le risque de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le fameux “Brexit”, problème crucial pour le groupe qui ne sera pas tranché avant le référendum britannique du 23 juin.

Sans oublier un petit “profit warning” : prévu par la direction à 535 millions d'euros, l'EBITDA de 2015 est ressorti, le 18 février dernier, à 542 millions d'euros. Mais à cette occasion, la prévision d'EBITDA pour 2016 a été ramenée de 580 à 560 millions d'euros. Ce qui a pu ajouter aux doutes des investisseurs, même si en 2017 l'agrégat est attendu à 605 millions.

Restent des facteurs structurels : la hausse tendancielle de la fréquentation du tunnel demeure, à moyen terme, à l'ordre du jour en raison d'un facteur de charge encore loin des 100%. D'ailleurs, des TGV reliant Londres à d'autres villes continentales que Paris ou Bruxelles, comme Amsterdam ou celles d'Allemagne, sont programmées, ce qui devrait augmenter les recettes d'autant.

D'ailleurs les analystes d'UBS ne sont pas inquiets : ce matin, ils ont réaffirmé leur conseil d'achat sur la valeur en visant 13,3 euros. Il s'attendent, au 1er trimestre 2016, à une hausse de 8 à 10% du trafic des navettes Shuttle, ce qui devrait permettre au groupe de gagner 2 à 3 points de parts de marché sur le trafic trans-Manche.

Prochain événement inscrit sur l'agenda du groupe : le chiffre d'affaires et le trafic pour le 1er trimestre 2016, attendus demain 21 avril.

EG


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