Eurotunnel confirme ses objectifs, vers l'arrêt de MyFerryLink

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par Gilles Guillaume et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Eurotunnel a confirmé mardi ses objectifs financiers après un premier semestre toujours soutenu par la reprise économique au Royaume-Uni, et dit s'attendre à ce que son activité MyFerryLink s'arrête à la fin de l'année, menaçant 600 emplois.

L'opérateur du tunnel sous la Manche vise toujours un Ebitda de 460 millions d'euros en 2014, et d'au moins 500 millions en 2015. Au premier semestre, il a réalisé un chiffre d'affaires de 559 millions d'euros, en hausse de 8% par rapport à une base de comparaison retraitée à taux de changes constants, et dégagé un Ebitda de 216 millions (+6%).

"Eurotunnel continue de profiter de la reprise de l'économie britannique et séduit par son offre de navettes fréquentes", dit le groupe dans un communiqué.

L'activité Eurostar a franchi pour la première fois au premier semestre le seuil des cinq millions de passagers, malgré les perturbations provoquées par la grève de juin à la SNCF.

Ce mouvement a également perturbé l'activité train de marchandises de la filiale Europorte, pour un préjudice estimé entre un et deux millions d'euros.

"Nous sommes en train d'élaborer une réclamation (...) nous réclamons une compensation" à RFF, a déclaré Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, au cours d'une téléconférence de presse, estimant que la suite réservée à cette démarche constituerait un test pour la nouvelle réforme ferroviaire.

LA BALLE DANS LE CAMP DES GOUVERNEMENTS

Jacques Gounon a également dit s'attendre à ce que le service de ferries qu'il a lancé en 2012 sous la marque MyFerryLink, avec les navires rachetés à SeaFrance dans le cadre de sa liquidation financière, s'arrête à la fin de l'année comme le réclame l'autorité britannique de la Concurrence.

Le régulateur s'apprête à donner six mois à Eurotunnel pour se conformer à l'interdiction faite aux ferries de sa filiale de relier Calais à Douvres, au motif que le niveau de concurrence actuel n'est pas soutenable pour le transport transmanche.

"Nous allons demander à ce que notre appel soit suspensif, mais nous n'avons que très peu de chances d'obtenir gain de cause", a dit Jacques Gounon. "Face à cette obligation d'arrêt, l'hypothèse la plus vraisemblable pour la fin de l'année, c'est que MyFerryLink sera arrêté même si le processus d'appel continue au-delà."

Interrogé sur la seconde éventualité envisagée par le régulateur britannique, la recherche d'un autre propriétaire pour MyFerryLink, Jacques Gounon a répondu que les conditions de la reprise des navires de SeaFrance interdisait la cession des bâtiments avant 2017.

"Nous sommes clairement dans une impasse, c'est un sujet qui nous dépasse, j'en appelle aux gouvernements français et britannique pour qu'ils interviennent", a-t-il ajouté. "Est-ce qu'il y a des possibilités pour le gouvernement de trouver des formules de chômage partiel, intégral ou autre, pour maintenir la Scop en vie jusqu'au moment où nous gagnerons l'appel ? C'est ça la bonne question."

MyFerryLink a réalisé au premier semestre un chiffre d'affaires de 39 millions d'euros, en hausse de 31%, soit 7% environ du chiffre d'affaires total du groupe Eurotunnel.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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