Europol: jusqu'à 5.000 djihadistes européens constituent un risque

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LONDRES, 13 janvier (Reuters) - Entre 3.000 et 5.000 Européens ont rallié les groupes djihadistes en Syrie et constituent pour l'Europe une menace sans précédent depuis les attentats du 11 septembre 2001, a déclaré mardi le directeur de l'Office européen de police (Europol), Rob Wainwright. "Il s'agit certainement de la plus grave menace terroriste à laquelle l'Europe ait été confrontée depuis le 11-Septembre", a-t-il dit devant la commission des Affaires intérieures du Parlement britannique. De nombreux pays européens ont placé leurs forces de sécurité en alerte à la suite des attaques djihadistes de la semaine dernière en France, qui ont fait dix-sept morts à Paris et à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine. "A l'évidence, nous faisons face à un groupe important constitué principalement de jeunes hommes qui ont le potentiel de revenir avec l'intention, voire la capacité de mener des attaques comme celles que nous avons vues à Paris la semaine dernière", a poursuivi le patron d'Europol. Quelque 2.500 suspects figurent dans la base de données de l'agence paneuropéenne, a-t-il ajouté. "Notre problème ne concerne pas seulement la Syrie et l'Irak mais d'autres réseaux terroristes à travers le monde, en Afrique, dans la Péninsule arabique par exemple, où se trouvent des franchises du réseau Al Qaïda", a-t-il souligné. Les frères Saïd et Chérif Kouachi, les auteurs de la fusillade du 7 janvier au siège de Charlie Hebdo, se sont rendus en 2011 au Yémen, où ils ont été formés au maniement des armes. (voir ID:nL6N0UQ0O0 ) Depuis les attaques de la semaine passée, Europol a transmis à la police française "60 pistes urgentes relatives au renseignement". Le directeur d'Europol a également convenu que les agences de sécurité des pays européens étaient confrontées à des "lacunes en matière de capacités" limitant leur action contre cette menace. "Il est tout à fait clair que nous devons relever un défi pressant et croissant avec ces communications fortement cryptées mises en ligne sur le 'dark net' (ndlr, des connexions virtuelles fermées) et qui échappent aux agences chargées de la sécurité et de l'application de la loi", a-t-il dit. "Il y a des lacunes en matière de capacité, qu'elles résultent de législation ou de technologies déficientes ou d'un mélange des deux. Mais la réalité, je pense, c'est qu'aujourd'hui les agences de sécurité n'ont pas la capacité nécessaire pour protéger pleinement la société face à ce type de menaces." (Michael Holden; Henri-Pierre André pour le service français)

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