Européennes: dans le Sud-Ouest, MAM veut retrouver la voix

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MICHÈLE ALLIOT-MARIE TENTE DE RETROUVER UN NOUVEAU SOUFFLE GRÂCE AUX EUROPÉENNES
MICHÈLE ALLIOT-MARIE TENTE DE RETROUVER UN NOUVEAU SOUFFLE GRÂCE AUX EUROPÉENNES

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Privée de mandat depuis 2012, Michèle Alliot-Marie revient sur le devant de la scène à la tête de la liste UMP aux élections européennes dans le Sud-Ouest, où elle peine à faire entendre sa voix dans une campagne peu suivie par les Français.

Une fois seulement la fièvre est montée, lorsqu'elle a lâché, au détour d'une interview accordée à i>TELE, fin avril, qu'elle allait "perdre de l'argent" en allant au Parlement.

"Très honnêtement, ce que je fais aujourd'hui me rapporte beaucoup plus d'argent. Je vais perdre de l'argent en allant au Parlement européen", avait-elle dit. "Je ne le fais pas pour l'argent. Si je vais aux européennes, c'est que j'ai envie de faire quelque chose pour l'Europe", avait-elle dit.

Les réseaux sociaux se sont immédiatement emparés de ses propos et les jeunes de l'UDI ont lancé un ironique "Mamathon" pour venir en aide à l'ancienne ministre, avant que le président par intérim du parti, Yves Jego, leur demande d'"être moins vifs".

Avec cette déclaration, Michèle Alliot-Marie cherchait à justifier sa désignation comme tête de liste par les instances de l'UMP mais contre l'avis de nombreux membres du parti, dont sa principale figure dans le Sud-Ouest, Alain Juppé.

Qualifiée de "recyclée" au même titre que Nadine Morano dans la circonscription Est, elle a dû faire le dos rond devant ceux qui lui préféraient Alain Lamassoure, ministre des Affaires européennes de 1993 et 1995, et député européen depuis 1999.

Appuyé par les anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Alain Juppé, Alain Lamassoure, qui contestait la nomination de "MAM", a finalement été envoyé en Ile-de-France.

Et c'est donc du bout des lèvres qu'Alain Juppé a soutenu la tête de liste, quelques jours avant un meeting à Bordeaux dont il s'est décommandé, après avoir une brève hospitalisation. "Elle a été désignée par l'UMP et je suis membre de l'UMP. Par conséquent, c'est une très bonne candidate", avait-t-il dit.

DEVENUE "INAUDIBLE"

Michèle Alliot-Marie est pourtant discrète depuis deux ans.

Enfant chérie de la droite depuis plusieurs décennies, ex-présidente du RPR, elle a été ministre dans les gouvernements de droite depuis 1993, occupant quatre portefeuilles majeurs: la Défense de 2002 à 2007, puis l'Intérieur, la Justice et enfin les Affaires étrangères sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Mais alors qu'elle avait été citée comme possible Premier ministre à l'automne 2010 en cas de départ de François Fillon, la machine à gagner s'est mise à tousser au début 2011.

Déjà accusée d'avoir proposé au gouvernement tunisien l'aide de la France pour lutter contre le soulèvement populaire, elle s'est ensuite retrouvée au centre d'une affaire liée à ses relations avec des proches du régime déchu de Zine ben Ali.

Sa voix devenue "inaudible" selon François Fillon, elle fut contrainte de démissionner et de laisser sa place à Alain Juppé. Redevenue députée en mars 2011, elle est battue aux législatives un an plus tard et se retrouve privée de mandat politique.

REDEVENIR UNE VOIX QUI COMPTE

Pour en retrouver un, elle a tenté de se faire entendre dans un Sud-Ouest où 25 listes sont présentes, pour certaines portées par des personnalités connues comme Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche, Louis Aliot pour le Front national, ou José Bové pour les écologistes - tous déjà présents en 2009.

De Bordeaux à Perpignan, de Bayonne à Nîmes, elle a voulu, entre charges contre le gouvernement et attaques contre le Front national, convaincre qu'il est nécessaire de défendre l'Europe.

"Ça veut dire quoi sortir de l'Europe et de l'euro?", a-t-elle lancé à Bordeaux, reprenant les arguments du FN et mettant en garde contre les conséquences économiques en termes de dette et de prix des importations.

"Un repli sur soi, ça ne sert pas les intérêts de la France. Nous devons travailler avec les autres pays européens."

A Toulouse, aux côtés du nouveau maire Jean-Luc Moudenc, qui a ravi la ville à la gauche en mars, elle a ciblé le chef de l'Etat pour appeler au vote sanction contre François Hollande.

"Aux municipales, nous lui avons donné une belle veste. Après la veste je propose qu'on lui donne le pantalon aux européennes", a-t-elle lancé.

"Et si ça ne suffit pas, il aura le pardessus à la présidentielle", a ajouté une Michèle Alliot-Marie qui espère, grâce aux européennes, redevenir une voix qui compte.

(Edité par Grégory Blachier et Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mardi 20 mai 2014 à 16:29

    UMP/PS/Sénat (trop) payés, ne travaillent que pour eux, à leur carrière. Ceux qui cherchent à se bâtir des rentes ont pris le contrôle de l’Etat, depuis 1974, et n’a cessé de se renforcer. Pour la PREMIÈRE FOIS dans l’Histoire de France, pas un membre du gouvernement actuel n’a exercé la moindre activité dans le privé et n’a JAMAIS pris le moindre risque. Les Rentiers UM/PS, TRAITRES à la Nation sont au pouvoir. TOUT pour eux et crèvent les autres !!!...

  • d.e.s.t. le mardi 20 mai 2014 à 16:23

    La politique de caniveau recycle ses produits périmés aux européennes: MAM, Muselier, Morano.......il y en a autant à gôche! c'est honteux et abject!

  • M4661438 le mardi 20 mai 2014 à 16:15

    quelle honte cette femme corrompue qui s'accroche encore à un poste politique !

  • PHMAUVE le mardi 20 mai 2014 à 16:03

    On en parle ici : https://www.upr.fr/videos/emissions-radio-tv/francois-asselineau-invite-jean-jacques-bourdin-rmc-info

  • gael268 le mardi 20 mai 2014 à 15:56

    marre des vieux qui s'accrochent, qu'à t elle fait de bien elle ?inutile mam

  • jeeve_fr le mardi 20 mai 2014 à 15:48

    marre de voir toujours les mêmes têtes...jamais je ne voterai pour cet apparatchik aux superbes casseroles...