Européennes: dans l?Ouest, l?emploi au c?ur de la campagne

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L?EMPLOI AU COEUR DE LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES DANS LE GRAND OUEST
L?EMPLOI AU COEUR DE LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES DANS LE GRAND OUEST

par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - Les questions d?emploi sont au c?ur de la campagne des élections européennes dans l?ouest de la France, notamment en Bretagne, où une succession de plans sociaux conjuguée au projet d?écotaxe a débouché sur la fronde des "Bonnets rouges" à l?automne dernier.

Ce mécanisme fiscal -prévu initialement pour entrer en vigueur au 1er janvier 2014- avait été suspendu en octobre, avant que la mission d?information sur le sujet à l?Assemblée nationale ne préconise mercredi dernier son maintien, avec des modifications, alors que la ministre de l?Ecologie et les parlementaires bretons s?y montrent opposés.

Jusqu?alors porte-parole du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", le maire de Carhaix, Christian Troadec, s?est ainsi mis en retrait du mouvement le temps de la campagne, pour pouvoir mener sa liste "Nous te ferons, Europe!".

"L?écotaxe est une très très forte préoccupation des gens, avec le pouvoir d?achat", estime ce maire divers gauche réélu en mars au premier tour. "Cette taxe va peser sur l?économie bretonne en général, et donc indirectement sur leurs emplois."

Cet ancien journaliste de 48 ans réfute toutefois l?idée reçue selon laquelle l?écotaxe serait la transposition d?une directive européenne, qui se serait imposée à la France.

"C?est l?extrême-droite qui raconte que c?est la faute à l?Europe", regrette aussi Isabelle Thomas, tête de liste des socialistes dans le grand Ouest, qui préfère militer pour une harmonisation des réglementations du travail dans les 28 pays de l?Union, avec un coût du travail dans les abattoirs allemands est inférieur à ceux de leurs concurrents bretons.

"DUMPING SOCIAL"

"Il faut mettre fin à ce dumping social et cette concurrence sauvage entre salariés, qui mine le projet européen", estime la candidate socialiste de 52 ans. "Cela créé un vrai désespoir et de la haine, alors que l?Europe a justement été construite pour en finir avec cette haine."

Selon elle, la taxe controversée n?était d?ailleurs que la partie immergée d?une "révolte" plus globale des Bretons contre les suppressions d?emplois.

"En quelques mois, la région a perdu plusieurs milliers d?emplois dans ses usines, notamment dans le Finistère", explique Isabelle Thomas. "L?écotaxe, ce n?est qu?un symbole, un catalyseur de cette révolte."

Face à l?impopularité de la mesure dans la région, les différents candidats rivalisent ainsi de propositions alternatives pour financer les infrastructures ferroviaires.

"Le matraquage fiscal est devenu le sport national des gouvernements Ayrault, puis Valls", considère Alain Cadec, tête de liste UMP dans la circonscription, opposé à cet "impôt injuste" mais qui ne soutient pas les "Bonnets rouges" bretons.

"Il faut trouver d?autres solutions", estime le conseiller général des Côtes d?Armor. "Par exemple, dans le Crédit d?impôt pour la compétitivité et l?emploi, il y avait vingt milliards d?euros de prévus? On peut peut-être en retirer un milliard? Ça ne me choquerait pas, non plus, d?augmenter les redevances des sociétés autoroutières."

Au total, 25 listes se présentent aux élections européennes dans la circonscription Grand Ouest, qui compte 13 départements du Finistère à la Charente. Parmi elles, une liste "féministe", une autre militant pour la "décroissance" ou bien encore une autre défendant l?espéranto comme une "langue commune équitable pour l?Europe".

(Edité par Yves Clarisse)

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