Europe/PMI-Ralentissement de la croissance dans le privé

le , mis à jour à 10:42
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 (Actualisé avec les données de la zone euro) 
    PARIS/BERLIN/LONDRES, 3 février (Reuters) - Principaux 
résultats définitifs des enquêtes Markit auprès des directeurs 
d'achat du secteur des services en Europe: 
     
    * ZONE EURO-DÉMARRAGE DÉCEVANT POUR LES ENTREPRISES EN 2016 
    LONDRES - Les entreprises de la zone euro ont commencé 2016 
dans une forme un peu meilleure qu'on ne le pensait mais le 
rythme de croissance de janvier n'égale que le plus faible 
observé l'an dernier, un nouvel élément susceptible d'amener la 
Banque centrale européenne (BCE) à détendre une fois de plus sa 
politique monétaire. 
    "La croissance de l'activité, des carnets de commandes et de 
l'emploi a perdu de son allant mais ce qui est peut-être le plus 
préoccupant, pour une autorité monétaire, c'est 
l'intensification des pressions déflationnistes", observe Chris 
Williamson, chef économiste de Markit. 
    L'indice composite final des directeurs d'achats (PMI) de 
Markit, qui combine les données du secteur des services avec 
celles du secteur manufacturier, est ainsi revenu à 53,6, ce qui 
est légèrement mieux que la première estimation de 53,5, mais en 
deçà du niveau de 54,3 de décembre, qui avait représenté un pic 
de quatre mois. 
    Ce recul est notamment le fait d'un sous-indice des prix qui 
s'enfonce sous la barre de 50 séparant croissance et contraction 
d'une activité. Il est ainsi passé à 48,9, un creux de 10 mois, 
contre 49,5 en décembre. Cela fait quatre mois de suite que 
cette composante est sous la barre des 50. 
    "La croissance et l'inflation n'ont pas accéléré au cours de 
l'année écoulée malgré les nouveaux efforts en matière 
d'assouplissement quantitatif de la BCE. On peut se demander si 
les mesures de soutien ont seulement été insuffisantes ou si 
c'est la politique monétaire en tant que telle qui est 
inefficace", poursuit Chris Williamson. 
    L'indice du seul secteur des services est revenu à 53,6, un 
plus bas d'un an, contre 54,2 en décembre. 
    La perspective, évoquée par la BCE elle-même, d'un nouvel 
assouplissement en mars rend les entreprises plus optimistes 
pour l'année à venir. Le sous-indice le mesurant est à 65,1, un 
pic depuis la mi-2011, contre 63,3 en décembre. 
    Selon Markit, les données PMI de janvier laissent entrevoir 
une croissance de 0,4% en ce début d'année. 
 
    * ALLEMAGNE - LA CROISSANCE DU SECTEUR PRIVÉ RALENTIT 
    BERLIN - La croissance du secteur privé s'est ralentie en 
janvier en Allemagne, tout en restant à un niveau solide, ce qui 
suggère que la première économie européenne a commencé l'année 
2016 sur de bonnes bases malgré les craintes entourant la 
conjoncture mondiale. 
    L'indice PMI Markit composite, qui combine l'activité 
manufacturière et les services, s'affiche à 54,5 pour le premier 
mois de 2016, un creux depuis octobre 2015, contre 55,5 en 
décembre et 55,2 en novembre. 
    Il est supérieur à la barre des 50 séparant croissance et 
contraction d'une activité pour le trente-troisième mois de 
suite. 
    L'indice définitif des services pour janvier est lui aussi 
nettement dans le vert, à 55,0, à comparer à une première 
estimation à 55,4, et 56,0 en décembre, qui avait représenté un 
plus haut depuis 17 mois. 
    "Les prestataires de services sont toujours en phase 
d'expansion au début de 2016", a noté Oliver Kolodseike, 
économiste chez Markit. 
    "Même si la croissance est la moins marquée en trois mois, 
le taux de croissance sous-jacent reste solide, à la faveur 
notamment d'une nouvelle et forte hausse des nouvelles 
affaires.". 
     
    * FRANCE-LÉGER REBOND DE L'ACTIVITÉ DES SERVICES EN JANVIER 
    PARIS - L'activité dans les services a enregistré une légère 
progression en France en janvier, même si le secteur de 
l'hôtellerie-restauration semble encore ressentir les effets 
négatifs des attentats du 13 novembre, selon les résultats 
définitifs de l'enquête PMI de Markit publiés mercredi. 
    L'indice des services est repassé le mois dernier au-dessus 
du seuil de 50, s'établissant à 50,3, contre 49,8 en décembre. 
Il est néanmoins inférieur au chiffre de 50,6 avancé en première 
estimation. 
    L'indice composite, qui intègre également des données 
concernant le secteur manufacturier - dont l'activité a stagné 
en janvier   - est de son côté passé de 50,1 en 
décembre à 50,2, alors que l'estimation flash s'élevait à 50,5.  
    L'institut Markit relève que la hausse de l'activité dans 
les services reste "marginale", sous l'effet du rythme modéré de 
la croissance des nouvelles affaires dans un contexte de faible 
demande. 
    Cette augmentation de la charge de travail a incité les 
prestataires de services à recruter du personnel le mois 
dernier, ce qui s'est traduit par une première hausse mensuelle 
des effectifs dans le secteur depuis août. 
         
    * ITALIE-RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE DES SERVICES 
    ROME - Le secteur italien des services a enregistré en 
janvier son onzième mois consécutif de croissance, mais le 
rythme a quelque peu ralenti par rapport à décembre, ce qui 
laisse entrevoir la poursuite d'une croissance modérée en 2016. 
    Après trois années de récession, la troisième économie de la 
zone euro a vraisemblablement vu son produit intérieur brut 
(PIB) augmenter de 0,8% en 2015. Le gouvernement italien table 
sur une croissance de 1,6% pour cette année. 
    L'indice Markit/Adaci des directeurs d'achat est revenu à 
53,6 le mois dernier, contre 55,3 en décembre et 53,4 en 
novembre. Le consensus établi par Reuters à partir des 
estimations de 15 analystes était de 54,2.  
    L'indice composite, regroupant services et industrie, s'est 
inscrit à 53,8 contre 56,0 en décembre, niveau qui avait 
représenté un pic depuis février 2011. 
    La composante nouvelles affaires est passé de 55,4 à 52,3, 
un creux depuis le mois de septembre. 
         
    * ESPAGNE-LÉGER RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE DES SERVICES 
    MADRID - La croissance des services a été la plus lente en 
janvier depuis plus d'un an, les incertitudes politiques après 
les élections du 20 décembre pesant sur le sentiment. 
    L'indice des directeurs d'achats (PMI) ressort à 54,6 en 
janvier, au plus bas depuis décembre 2014, contre 55,1 en 
décembre et 56,7 en novembre. Il reste au-dessus de la barre des 
50 depuis maintenant 27 mois. 
    Le secteur tertiaire, qui représente la moitié à peu près du 
PIB espagnol, continue de jouir d'un afflux de contrats et d'une 
hausse de l'emploi, observe Andrew Harker, économiste de Markit. 
    "Cela dit, la croissance de l'activité a ralenti à son 
rythme le plus bas depuis plus d'un an et le sentiment des 
entreprises s'est tassé, car il semble que l'impasse politique 
commence à se traduire par de l'incertitude économique", 
explique-t-il. 
    Le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol 
(PSOE) Pedro Sanchez a été désigné mardi par le roi Felipe pour 
mener les discussions en vue de former un gouvernement, bien que 
ses chances de réussir soient minces.  ID:nL8N15H31G  
    Le sous-indice de l'emploi a progressé à 53,3 contre 53,1 en 
décembre.  
     
    * IRLANDE-LA CROISSANCE DES SERVICES À UN PIC DE 10 ANS 
    DUBLIN - Le secteur des services irlandais a enregistré en 
janvier son rythme de croissance le plus élevé en près de dix 
ans à la faveur d'un bond des nouvelles affaires le mois 
dernier. 
    L'indice Investec des directeurs d'achats (PMI) est remonté 
à 64,0, un plus haut depuis juin 2006, après 61,8 en décembre et 
63,6 en novembre. 
    Cet indice est au-dessus de la barre des 50 depuis trois ans 
et demi et n'est pas repassé sous celle des 60 depuis février 
2014, époque où l'Irlande sortait de trois ans d'assistance 
financière internationale. 
    L'économie irlandaise été la plus dynamique de toutes celles 
de l'Union européenne pour une deuxième année consécutive en 
2015. 
    La composante nouvelles affaires est passé de 62,7 à 66,2. 
    "Le secteur a réalisé un début 2016 très impressionnant 
(...)", déclare Philip O'Sullivan, économiste chez Investec.     
 
    Graphiques : 
    PMI services : http://link.reuters.com/vut72w 
    PMI européens : http://link.reuters.com/suw32w 
    PMI services comparés : http://link.reuters.com/keq22v 
 
 (Bureaux européens de Reuters) 
  
 
 
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