Europe/PMI-La croissance du privé au plus bas depuis début 2015

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    * L'indice PMI composite définitif d'août à 52,9 
    * Les données PMI suggèrent un PIB en hausse de 0,3% au T3 
    * Les ventes au détail augmentent plus que prévu en juillet 
 
 (Actualisé avec détails) 
    par Jonathan Cable 
    LONDRES, 5 septembre, Reuters - - La croissance du secteur 
privé de la zone euro est tombée le mois dernier à son rythme le 
plus faible depuis le début de l'année dernière, ce qui suggère 
que l'économie du bloc des 19 semble être en passe de perdre le 
peu d'élan qui la portait jusqu'ici. 
    Cette détérioration de la conjoncture intervient en outre 
alors que les entreprises, malgré une hausse des coûts de 
production, ont continué d'offrir des rabais sur leurs prix, ce 
qui n'échappera pas aux responsables de la Banque centrale 
européenne (BCE).  
    Selon une enquête Reuters publiée vendredi, soit avant 
l'annonce des données PMI, la BCE maintiendra sa politique 
monétaire inchangée le 8 septembre à l'issue de la réunion de 
son conseil des gouverneurs mais elle pourrait répondre aux 
pressions grandissantes en faveur d'un nouvel assouplissement en 
annonçant une extension de ses achats d'actifs d'ici à la fin de 
l'année.  
    Pays par pays, c'est l'Allemagne, première puissance 
économique de la zone euro, qui tire la croissance vers le bas, 
l'activité de son secteur des services ayant ralenti plus que 
prévu. En revanche, toujours dans les services, le rythme 
d'expansion s'est accéléré en France, en Italie et en Espagne. 
    En Grande-Bretagne, pays qui n'a jamais été dans la zone 
euro et qui a voté fin juin en faveur d'une sortie de l'Union 
européenne, le secteur des services a connu un vif rebond en 
août, se reprenant après sa contraction du mois précédent 
provoquée par le vote pour un Brexit, une donnée qui semble 
diminuer les risques d'une récession. 
    "L'économie (de la zone euro) va son bonhomme de chemin mais 
elle ne va ni très loin ni très vite. Elle a clairement perdu 
une partie de son élan à mesure que l'année a progressé", a noté 
Peter Dixon, économiste chez Commerzbank. 
    "La politique de la BCE ne semble pas stimuler l'activité 
comme il le faudrait et cela pourrait la conduire à en faire 
davantage. (Mais les données) montrent au bout du compte les 
limites d'une politique monétaire", a-t-il poursuivi. 
     
    L'INDICE SENTIX SE REDRESSE 
    Pour l'ensemble de la zone euro, l'indice PMI Markit 
composite définitif pour le mois d'août s'est établi à 52,9, 
contre 53,2 en juillet et une estimation "flash" de 53,3. 
    Ce niveau est le plus bas depuis celui de janvier 2015 mais 
l'indice reste néanmoins au-dessus de la barre des 50 séparant 
contraction et croissance de l'activité, ce qui est le cas 
depuis maintenant plus de trois ans. 
    "Si, dans l'ensemble, il y a une sorte de stabilité à un 
niveau bas avec une croissance de 0,3% (du produit intérieur 
brut) induite au troisième trimestre, les données révisées 
indiquent que l'économie est plutôt en train de perdre de l'élan 
que d'en gagner", a pour sa part noté Chris Williamson, 
économiste en chef chez Markit. 
    Dans le seul secteur des services, la croissance a également 
ralenti, avec un indice PMI à 52,8, contre 52,9 en juillet et 
une estimation flash de 53,1. 
    Dans ce secteur, l'optimisme des entreprises est au plus bas 
depuis la fin 2014, avec la composante le mesurant qui a reculé 
à 60,7 contre 60,9 en juillet. 
    D'autres indicateurs macroéconomiques publiés ce lundi 
dressent cependant un tableau plus optimiste avec, d'une part, 
un moral des investisseurs qui a continué à s'améliorer en 
septembre, selon l'étude mensuelle de l'institut Sentix. 
    D'autre part, les ventes au détail ont augmenté beaucoup 
plus fortement que prévu en juillet dans la zone euro, affichant 
de loin leur plus forte progression mensuelle depuis le début de 
l'année, selon les données publiées par l'agence européenne de 
la statistique Eurostat.   
     
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel  ECONEZ  
 
 (Avec la contribution des bureaux européens de Reuters; Benoît 
Van Overstraeten pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
  
 
 
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