Europe-Le commissaire aux Droits de l'homme n'ira pas à Moscou

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    STRASBOURG, 11 octobre (Reuters) - Le commissaire aux Droits 
de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, a annoncé 
mardi qu'il renonçait à effectuer une visite prévue la semaine 
prochaine en Russie en raison des "restrictions inacceptables" 
imposées à son déplacement par les autorités du pays. 
    L'ancien ministre et universitaire letton explique dans un 
communiqué que son déplacement aurait été circonscrit à Moscou 
et pour une durée de 48 heures, dont seulement une journée 
complète de travail sur place. 
    "Une condition essentielle de mon action est que tous les 
pays soient traités à la même aune. Accepter les conditions 
spéciales exigées par les autorités russes aurait été 
inéquitable sur le plan des principes et inefficace sur celui de 
la protection des droits de l'homme dans la Fédération de 
Russie", juge-t-il. 
    Disant espérer que le gouvernement russe revoie sa position, 
Nils Muiznieks précise qu'il continuera de suivre à distance la 
situation des droits de l'homme en Russie et à s'exprimer à ce 
sujet chaque fois que cela sera "nécessaire et approprié". 
    La Russie est membre du Conseil de l'Europe. La dernière 
visite du commissaire aux Droits de l'homme dans le pays remonte 
à 2013.  
    Il a entretemps interpellé à plusieurs reprises les 
autorités russes à propos des violations des droits de l'homme 
en Crimée ou des entraves imposées à l'activité des ONG 
considérées comme "étrangères". 
    Les restrictions imposées à son déplacement s'inscrivent 
dans un contexte de refroidissement des relations entre Moscou 
et les institutions européennes. 
    L'annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, en violation 
de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et son soutien aux 
mouvements séparatistes de l'Est du pays, avaient entraîné en 
réaction l'instauration d'un embargo commercial par l'Union 
européenne. 
    Au Conseil de l'Europe, l'Assemblée parlementaire a de son 
côté privé les membres de la délégation russe d'une partie de 
leurs droits, entraînant de leur part un refus de siéger à 
Strasbourg. 
    La Fédération de Russie est, par ailleurs, l'un des plus 
gros pourvoyeurs de requêtes devant la Cour européenne des 
droits de l'homme. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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