Europe-La baisse des taux longs n'est pas finie-analystes

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par Raoul Sachs PARIS, 14 août (Reuters) - Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans DE10YT=TWEB est tombé jeudi à un nouveau plus bas record sous 1% (0,998%) à l'annonce d'une stagnation de l'économie de la zone euro au deuxième trimestre, et cette détente sans précédent des taux longs va se poursuivre au moins jusqu'en septembre, estiment des spécialistes des marchés de taux. Outre les fondamentaux - stagnation, voire même contraction du PIB en Allemagne et nouvelle baisse de l'inflation - l'économie de la zone euro est menacée depuis quelques semaines par les fortes tensions avec la Russie à propos de l'Ukraine et par l'internationalisation du conflit irakien avec l'entrée en scène des Etats-Unis et de l'Europe. ID:nL6N0QK1AB Autant de facteurs qui militent en faveur de valeurs refuges comme le Bund, dont les cours sont appelés à grimper encore et donc les rendements à baisser. Auxquels s'ajoute, selon des professionnels, le discours plutôt accommodant de la Banque d'Angleterre mercredi. "Le rendement du Bund a baissé sous 1%. C'est difficile de penser qu'on va aller beaucoup plus bas. Mais la situation est préoccupante", dit Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux à la Société générale. "Globalement, les rendements obligataires sont très bas dans l'attente du TLTRO (opération ciblée de refinancement à long terme, NDLR) de la Banque centrale européenne en septembre." Si le président de la BCE Mario Draghi a indiqué la semaine dernière que la demande de prêts des entreprises et les conditions que leur offrent les banques se sont améliorées, les derniers chiffres du PIB de la zone euro, marqués aussi par une stagnation en France, deuxième économie de l'Union monétaire, risquent de remettre en cause la position des banques. Conçues pour financer l'économie, les TLTRO prévues cette année en septembre et décembre puis en 2015 et 2016, risquent de ne pas atteindre leur but compte tenu de la dégradation de la conjoncture. LE 10 ANS AMÉRICAIN PROTÉGÉ PAR LE BUND "Les banques vont prendre le cash et le placer sur le marché obligataire", dit Vincent Chaigneau. Selon une enquête Reuters publiée en juillet, les banques prendraient environ 400 milliards d'euros en septembre, soit la moitié du montant maximum de 1.000 milliards d'euros évoqué pour cette année par Mario Draghi. ID:nL9N0OE005 Un vendeur produits de taux d'une grande banque étrangère avance les mêmes motifs de baisse des taux euro. "Il faut attendre septembre, parce qu'en ce mois d'août le marché est peu liquide", ajoute-t-il toutefois. Comme Vincent Chaigneau, il estime que s'il devait y avoir une chute des marchés obligataires, elle viendrait des Etats-Unis, où le resserrement monétaire est attendu bien plus tôt qu'en Europe avec une économie plus robuste et une fin progressive des achats massifs d'obligations par la Réserve fédérale. "Le risque de remontée des taux longs vient des Etats-Unis", dit le stratégiste de la SocGen. Mais il ajoute que pour l'instant l'écart de rendement entre le Treasury américain et le Bund allemand "est partiellement protégé par le faible rendement du Bund". Le taux à 10 ans américain US10YT=TWEB , que nombre de stratégistes voyaient atteindre 3% cet été, évolue depuis plusieurs semaines autour de 2,5%. Jeudi, il est tombé à 2,405%, profitant de la recherche par les investisseurs de rendement supérieur au Bund avec un risque quasi équivalent. Mais les premiers bénéficiaires de la détente des rendements allemands sont les pays comme la France, dont le taux de l'OAT à 10 ans FR10YT=TWEB a touché un plus bas historique à 1,392%. "L'OAT offre un rendement supérieur au Bund avec un risque quasi équivalent", explique le vendeur. En fin d'après-midi jeudi, le taux du Bund à 10 ans se situait à 1,017% et celui de l'OAT à 1,41%. (Edité par Dominique Rodriguez)

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