Europe-L'Azerbaïdjan pressé de libérer les détenus politiques

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    STRASBOURG, 11 octobre (Reuters) - L'Assemblée parlementaire 
du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté mercredi deux résolutions 
sévères sur la situation des droits de l'homme en Azerbaïdjan, 
un peu plus d'un mois après la publication d'articles de presse 
faisant état de présumées compromissions de certains de ses 
membres avec ce pays. 
    L'OCCRP, un consortium de presse européen, a affirmé dans 
une enquête baptisée Azerbaijani Laundromat ("la lessiveuse 
azerbaïdjanaise") que l'Etat pétrolier avait dépensé 2,5 
milliards d'euros entre 2012 et 2014 via des sociétés écrans 
pour influencer en sa faveur journalistes et personnalités 
politiques. 
    Dans un communiqué daté du 5 septembre, la présidence 
azerbaïdjanaise avait démenti ces accusations, affirmant 
qu'elles étaient "sans fondement". 
    Sans évoquer le sujet, sur lequel elle a lancé une enquête 
indépendante, l'APCE s'inquiète du manque d'indépendance de la 
justice azerbaïdjanaise, en dépit de réformes récentes, et 
demande à Bakou de libérer tous les prisonniers politiques. 
    Cette demande est récurrente depuis que l'Azerbaïdjan a 
adhéré au Conseil de l'Europe, en 2001. 
    Dans une résolution adoptée par 114 voix contre 24 et 14 
abstentions, elle se dit "extrêmement préoccupée par les 
nombreuses allégations concernant à la fois un climat restrictif 
pour les activités de l'opposition extra parlementaire et des 
limitations aux libertés d'expression, de réunion et 
d'association". 
    Elle demande à l'Azerbaïdjan de mettre en ½uvre les "plus de 
120 arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme" qu'elle 
n'a pas ou n'a que partiellement exécutés, concernant notamment 
le caractère inéquitable de certaines procédures judiciaires. 
    Le texte a été largement amendé par rapport à sa version 
initiale dont le rapporteur, le libéral belge Alain Destexhe, a 
démissionné de l'APCE le 16 septembre après avoir été mis en 
cause par l'enquête de l'OCCRP. 
    Au poste de rapporteur sur l'Azerbaïdjan, Alain Destexhe 
avait succédé, en janvier 2016, au conservateur espagnol Pedro 
Agramunt, lorsque celui-ci était devenu président de 
l'Assemblée. 
    Le nom de ce dernier était lui-même mentionné dans le 
rapport d'une ONG allemande, European stability initiative, 
publiée début 2016 sur des soupçons de corruption au bénéfice de 
l'Azerbaïdjan au sein de l'APCE. 
   Le sénateur espagnol de 66 ans a démissionné de la présidence 
vendredi dernier pour éviter une procédure de destitution qui 
serait intervenue lundi, en raison d'une visite controversée 
qu'il avait effectuée en Syrie. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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