Europe et Chine pèseront sur les ventes de Schneider en 2012

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SCHNEIDER ELECTRIC REVOIT À LA BAISSE SON OBJECTIF DE CA 2012
SCHNEIDER ELECTRIC REVOIT À LA BAISSE SON OBJECTIF DE CA 2012

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Schneider Electric a abaissé jeudi son objectif 2012 de chiffre d'affaires à cause d'une dégradation de ses marchés en Europe de l'Ouest et d'une reprise qui se fait attendre en Chine.

Le numéro un mondial des équipements électriques basse et moyenne tensions, qui a maintenu en revanche son objectif annuel de marge grâce à sa stratégie en matière de prix et de coûts, table désormais sur une croissance organique annuelle nulle à légèrement négative, alors qu'il l'attendait jusqu'à présent dans une fourchette allant de nulle à légèrement positive.

"Malgré les incertitudes économiques mondiales, l'évolution du chiffre d'affaires du groupe reste globalement en ligne avec les scénarios considérés en début d'année 2012, à l'exception d'un ralentissement plus marqué sur une partie de l'Europe de l'Ouest et un rebond de la Chine plus tardif que prévu", a commenté le groupe dans un communiqué.

Au cours d'une téléconférence avec les analystes, le directeur financier Emmanuel Babeau a ajouté que si le déclin des ventes en Chine, liée à une baisse de l'activité dans la construction et l'industrie, s'était stabilisé au troisième trimestre, il était incapable de dire si le rebond viendrait au premier ou au second semestre de 2013.

"Nous ne savons pas quand il interviendra. Je ne suis certainement pas en train de dire que nous disposons de signaux clairs annonçant une reprise en Chine au début de 2013", a-t-il dit. Emmanuel Babeau a ajouté que la demande restait en revanche bien orientée sur le marché de l'alimentation sécurisée en électricité.

La Chine est le deuxième marché du groupe derrière les Etats-Unis et devant la France. Au troisième trimestre, l'Asie-Pacifique a rattrapé l'Europe de l'Ouest puisque les deux régions représentent désormais chacune 28% du chiffre d'affaires.

Sur la période, les ventes totales du groupe ont augmenté de 7,1% au niveau record de 6,1 milliards d'euros. L'effet de change favorable, lié à l'appréciation du dollar américain, du yuan chinois et du dollar australien par rapport à l'euro, a contribué pour 6,4 points à ce taux de croissance.

En données organiques, il ressort en revanche en baisse de 1,9%, conséquence également d'une diminution du nombre de jours ouvrés.

Vers 12h30 le titre était quasiment stable (+0,3% à 48,67 euros), mais affichait néanmoins un gain de près de 20% depuis le début de l'année.

"Cette publication ne constitue pas une surprise car la direction avait déjà laissé entendre que la croissance organique des ventes pourrait devenir légèrement négative au 3e trimestre", commente Société générale dans une note.

OBJECTIF DE MARGE MAINTENU

L'activité basse tension, qui représente 37% du chiffre d'affaires du groupe, a été impactée par les conditions de marché difficiles en France et dans le reste de l'Europe du Sud, mais aussi par un ralentissement du marché résidentiel en Australie et par une atonie persistante sur certains marchés de la construction et de l'industrie en chine.

La branche automatismes du bâtiment (7% du CA), spécialisée dans les solutions d'optimisation de la consommation électrique, a quant à elle souffert des coupes budgétaires au Royaume-Uni et en Europe du Nord. La dégradation de l'environnement pour cette activité formée récemment à partir d'acquisitions devrait conduire Schneider à comptabiliser sur l'année une charge de dépréciation exceptionnelle de 100 à 200 millions d'euros.

"Lorsque l'environnement économique devient difficile, lorsque vous prenez en plus des hypothèses prudentes, alors vous devez passer une dépréciation partielle de l'actif que vous avez enregistré. C'est une accélération d'amortissements intangibles", a expliqué Emmanuel Babeau, directeur financier du groupe, dans un entretien téléphonique.

Schneider a confirmé en revanche son objectif d'une marge d'Ebita ajusté comprise entre 14% et 15% sur l'année grâce à sa politique de prix et aux réductions de coûts engagées, qu'il se dit "en bonne voie" d'atteindre.

Le groupe est toujours très attendu par ailleurs en matière de fusions-acquisitions. Emmanuel Babeau a indiqué que Schneider ne s'interdisait rien en la matière, mais sans faire de plus amples commentaires sur les projets du groupe en général ou sur le sort de la division capteurs en particulier.

Son concurrent allemand Siemens a déclaré lundi qu'il allait vendre ses activités liées à l'énergie solaire. Le groupe va également lancer un plan d'économies et passer en revue ses activités les moins performantes afin de renforcer sa rentabilité.

Edité par Jean-Michel Bélot

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