Europe : arsenal de mesures antitabac

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Selon les Échos , les avertissements sur la santé et photos dissuasives pourraient désormais prendre les trois quarts du paquet. Le tabac aromatisé est aussi dans le viseur de la Commission Européenne.

La guerre entre les industriels du tabac et les instances européennes devrait monter d'un cran, avec la présentation ce mercredi de la directive européenne sur «la production, la présentation et la vente de tabac». C'est en tout cas ce que croient savoir les Échos qui dévoilent deux des grandes mesures envisagées par la Commission Européenne pour diminuer les 700.000 morts imputées à la consommation de tabac.

Pour lutter contre l'habitude des consommateurs aux photos choc, Bruxelles recommanderait que les messages antitabac (photos et messages d'avertissement) recouvrent désormais les trois quarts de la surface des paquets de cigarettes et de tabac à rouler (75 %), contre moins de la moitié actuellement (40 %). Et ce des deux côtés de l'emballage pour éviter la présentation du «bon côté» par les buralistes. Une mesure à laquelle Berlin ne serait «pas totalement favorable», selon le quotidien, et qui devra obtenir l'aval du Parlement (d'ici la fin de l'année) puis des États membres avant d'entrer en vigueur. Libre ensuite à chacun ensuite d'appliquer des mesures encore plus restrictives. Comme celle du paquet neutre, qui supprime de l'emballage toute référence à la marque (hormis le nom) et impose l'uniformité des paquets (taille, couleur, design...).

Quatre pays tentés

La mesure, déjà adoptée en Australie, est à ce jour la législation contre le tabac la plus stricte au monde. Cet été, la ministre française de la santé Marisol Touraine s'y était montrée favorable, expliquant qu'elle «se battrait, en particulier au niveau européen, pour faire en sorte que nous allions vers un paquet qui ne soit pas attractif ni séduisant». Un discours que l'Hexagone aurait en effet bien relayé à Bruxelles, avec trois autres pays dont l'Angleterre et la Belgique. Contrairement à l'Australie, où l'industrie du tabac avait perdu son appel en justice contre Canberra, Bruxelles devrait toutefois se confronter à la ferme opposition de l'industrie du tabac, «l'un des plus puissants lobbies de la capitale européenne», souligne le journal.

À la rentrée 2012, les cigarettiers n'ont d'ailleurs pas hésité (contrairement à leurs habitudes) à prendre publiquement la parole, estimant que le paquet unique favoriserait la contrefaçon et n'avait pas prouvé son effet dissuasif. En France, la Seita -Imperial Tobacco (numéro 2 des ventes) a aussi agité le chiffon rouge, expliquant qu'elle n'hésiterait pas à aller en justice pour réclamer une indemnisation de «plusieurs millions d'euros» en cas d'adoption du paquet unique.

Arômes indésirables

«D'autres mesures devraient provoquer le courroux de l'industrie du tabac, ajoute le journal. La directive entend interdire certains arômes (fruit, chocolat, mentholée) qui pousseraient les jeunes à la consommation de cigarettes». Les cigarettes slims (dont le diamètre est inférieur à 7,5mm) et les minipaquets (de moins de 20 unités), particulièrement prisés des femmes, sont aussi dans le viseur de la Commission qui veut les interdire totalement. Ce qui, en fait, est déjà le cas pour les minipaquets en France.

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