Euronext: le cru boursier 2015 fait oublier l'IPO de 2014.

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(CercleFinance.com) - Depuis le début de l'année, les performances des indices boursiers des places d'Amsterdam (AEX 25), Bruxelles (Bel 20), Paris (CAC 40) et Lisbonne (PSI 20) varient de + 5% à + 13%. Ce qui n'est rien en regard de l'action de l'opérateur paneuropéen de ces marchés, Euronext, qui s'est adjugée presque 80% depuis fin 2014. Vers 48 euros, ce titre qui a plus que doublé depuis son introduction (IPO, en anglais) se classe ainsi comme deuxième meilleure performance de l'indice français SBF 120. De quoi faire oublier la difficile réintroduction en Bourse de 2014.

Et pourtant, le nouvelle histoire boursière du groupe avait commencé péniblement. Au printemps 2014, le géant américain des opérateurs boursiers, IntercontinentalExchange Group, annonce son intention de scinder Euronext (racheté auparavant par le NYSE) et de le réintroduire en Bourse. A 20 euros, le prix de référence de l'introduction se situait dans le bas de fourchette initiale, qui allait de 19 à 25 euros par action. Ce qui signale une demande plutôt mesurée.

La plupart des analystes mettaient alors en avant la baisse des marges du groupe, des marchés financiers difficiles en Europe, et un tour de table plutôt figé. En effet, des “actionnaires de référence” essentiellement bancaires contrôlent le tiers du capital.

Les premiers mois de négociations du nouvel Euronext sont d'ailleurs difficiles puisqu'il faut attendre novembre 2014 pour que les 20 euros soient de nouveau dépassés. Mais c'était sans compter sur le dynamisme du directeur général du groupe, Dominique Cerutti. parti inopinément en avril prendre la tête d'Altran et remplacé en septembre dernier par Stéphane Boujnah.

Tout d'abord, M. Cerrutti a profondément réorganisé le groupe en mettant en place d'importants plans d'économies. De plus en plus importants, et dont les objectifs sont d'ailleurs dépassés. Un bon point pour faire levier sur les marges. Le récent dynamisme de l'économie européenne, le retour des introductions en Bourse et le soutien apporté aux marchés d'actions par les banques centrales ont fait le reste.

Qu'on en juge : dans son prospectus d'introduction, soit mi 2014, Euronext visait “à moyen et long terme, un taux de croissance annuel moyen du chiffre d'affaires d'environ 5% et une marge d'EBITDA d'environ 45 %”, pouvait-on lire.

Au 3e trimestre 2015, le groupe annonce qu'il a encore réduit ses charges opérationnelles (hors amortissements) de 18,5% sur un an. De plus, la croissance est largement revenue, même si elle a été dopée par des IPO et une forte volatilité sur la période considérée (CA ajusté en hausse 18,4% à 133 millions d'euros). De ce fait, la marge d'EBITDA a atteint 58% au T3, en hausse de presque 14 points de pourcentage sur un an. Et Euronext de prévoir, sur l'ensemble de 2015, une marge d'EBITDA de 55% après 45,8% en 2014.

Sur les neuf premiers mois de l'année, le résultat net part du groupe a pris 45% à 124,5 millions d'euros. Et le groupe annonce avoir atteint ses objectifs d'économies avec un an d'avance sur le calendrier...

A côté d'Euronext, qui capitalise 3,4 milliards d'euros, citons les autres grands noms cotés du secteur en Europe : Deutsche Boerse (15,8 milliards d'euros), en Allemagne, le London Stock Exchange britannique (LSE, 13,1 milliards d'euros), qui gère aussi la place de Milan, ou encore le BME madrilène (2,6 milliards d'euros).

Prochain rendez-vous inscrit sur l'agenda : les comptes annuels 2015, le 17 février prochain. “Nous anticipons que le nouveau PDG Stéphane Boujnah rencontrera les investisseurs en mars 2016, à l'issue de la publication des résultats annuels en février, et qu'il pourrait à cette occasion communiquer sa vision et son plan stratégique”, estimait Société Générale juste avant Noël. A suivre.

EG


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