Euroligue : L'ECA coupe court aux discussions avec la FIBA

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Alors qu’une réunion a eu lieu récemment entre des représentants de l’ECA et de la FIBA Europe, le président de la société organisatrice de l’Euroligue a annoncé suspendre ces discussions et attendre le verdict de la justice européenne.

Le conflit larvé au sein du basketball européen de clubs a connu une nouvelle escalade. Après les sanctions prises par la FIBA Europe contre quatorze fédérations nationales, dont l’Espagne, l’Italie, la Russie ou la Turquie, et contre la Ligue Adriatique, qui a perdu sa reconnaissance officielle par la FIBA Europe comme championnat des pays de l’ancienne Yougoslavie, une réunion a été récemment organisée entre des représentants de l’ECA, société organisatrice de l’Euroligue et de l’Eurocoupe, et de la FIBA Europe au siège de la FIBA en Suisse. Et on ne peut pas dire que cette réunion ait eu des conséquences positives pour le futur des compétitions européennes de clubs.

L’ECA attend le verdict de la justice européenne

Les divergences de positions entre la FIBA Europe, qui entend reprendre à terme le contrôle des compétitions, et du calendrier, pour redonner une place aux équipes nationales, et l’ECA, qui veut préserver le business monté depuis plus d’une décennie en parallèle de la FIBA avec son contrat pour les dix prochaines années avec l’agence IMG, semblent inconciliables. Cela a incité l’ECA et son président Jordi Bertomeu à attendre le verdict de la justice européenne, l’ECA ayant porté plainte contre la FIBA Europe pour « abus de position dominante » et vice-versa. « Le conflit va prochainement se régler devant les tribunaux. J’ai essayé d’éviter cette extrémité et c’est la première chose que j’ai dit durant la réunion avec la FIBA, a confié Jordi Bertomeu dans un communiqué. Mais cela n’a pas été possible, notre perte aurait été un désastre. »

La FIBA a vu des clubs refuser ses approches

Suite à cette réunion infructueuse, Jordi Bertomeu a égrené ses griefs à l’encontre de la FIBA Europe dans un long communiqué, en commençant par les approches de l’émanation européenne de la FIBA envers les clubs de premier plan. « La FIBA est en train de déconstruire, elle a différents visages. Hier (mardi), quand nous avons demandé au secrétaire général s’il y aurait des sanctions pour les équipes prenant part à l’Eurocoupe, il a dit qu’il n’en savait absolument rien. Mais cela relève des fédérations nationales et de la FIBA Europe. Nous ne souhaitions pas ce conflit, nous nous sommes assis à la même table mais nous avons pris conscience qu’il n’était pas possible de l’éviter, assure Jordi Bertomeu. La FIBA veut mettre en place quelque chose pour laquelle elle n’a absolument pas la légitimité. Tout a commencé en juillet dernier quand ils ont approché huit clubs participant à l’Euroligue en leur offrant de l’argent, mais cette proposition a été refusée. Onze jours après, ils ont proposé une autre compétition de deuxième niveau appelé Champions League et les clubs ont également refusé ce projet. »

L’ECA ne veut pas des fenêtres internationales

Avec la réforme du calendrier international, et le décalage de la Coupe du monde de basketball en années impaires dès 2019 et l’édition prévue en Chine, la FIBA veut instaurer un système de fenêtres pour les matchs des équipes nationales avec les qualifications pour ce Mondial new-look. Un système qui, comme au football, imposerait aux clubs de libérer les meilleurs joueurs pour qu’ils rejoignent les sélections. Un principe auquel l’ECA et son président sont farouchement opposés et qui est un des noeuds du problème. Il remet en cause la légitimité même de la FIBA pour diriger le basketball mondial « Le système de fenêtres pour les équipes nationales est une mauvaise idée. Cela signifierait que les équipes nationales devraient jouer pendant la saison et l’Espagne, par exemple, jouerait sans Ricky Rubio ou Pau Gasol, la France sans ses dix joueurs NBA, la Serbie sans quatorze joueurs, ajoute le président de l'ECA. Si la FIFA gouverne le football, ce n’est pas la même chose au basketball. La FIBA ne gouverne pas le basketball, c’est la NBA. » Une prise de position forte de la part du patron de l’Euroligue, qui risque de mettre un peu plus d’huile sur le feu dans une situation suffisamment critique pour l’avenir, toujours plus incertain du basketball européen de clubs.
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