Eurogroupe, FMI et BCE se séparent sans accord sur la Grèce

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PAS D'ACCORD SUR LA GRÈCE ENTRE L'EUROGROUPE, LA BCE ET LE FMI
PAS D'ACCORD SUR LA GRÈCE ENTRE L'EUROGROUPE, LA BCE ET LE FMI

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro et les représentants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) se sont séparés mercredi matin sans avoir trouvé d'accord sur les moyens à mener pour réduire la dette grecque à un niveau soutenable de 120% du PIB, d'ici 2020.

Après près de douze heures de négociations, les représentants des différentes composantes de la "troïka" ont dû se résoudre à prévoir une nouvelle réunion, la troisième du mois, le 26 novembre, afin d'obtenir le consensus nécessaire au versement d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce.

"Il n'y a pas de désaccord politique majeur", a affirmé à l'issue de la réunion Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro. "Nous sommes près d'un accord, mais des vérifications techniques doivent être menées, des calculs financiers doivent être effectués."

Selon un document rédigé en vue du sommet et consulté par Reuters, ramener la dette grecque à 120% du PIB, niveau jugé soutenable par le FMI, d'ici 2020 supposerait que les pays de la zone euro acceptent de passer en perte une partie de leurs prêts à Athènes, ce que refusent l'Allemagne et d'autres membres de la zone euro.

"En conséquence, on pourrait envisager de repousser le délai pour la soutenabilité de la dette à 2022, date à laquelle on peut attendre un retour du ratio d'endettement de la Grèce à 120% de son PIB" sans que ce type de mesure soit nécessaire, affirme le document.

DÉTERMINATION DE LA ZONE EURO

Jean-Claude Juncker s'est prononcé la semaine dernière pour repousser à 2022 le délai de soutenabilité de la dette, mais Christine Lagarde, directrice du FMI, souhaite conserver l'horizon 2020.

Parmi les principales mesures envisagées pour réduire la dette grecque dans les délais les plus courts, figure un plan qui permettrait à la Grèce de racheter des obligations à prix réduit par rapport à leur valeur nominale, auprès de créanciers privés.

Selon l'une des propositions évoquées par des responsables et par le document préparatoire, environ dix milliards d'euros de dettes pourraient être rachetés à un taux entre 0,30 et 0,35 euro pour chaque euro de dette détenu.

Les ministres de la zone euro ont également évoqué l'octroi d'un moratoire à la Grèce sur le paiement des intérêts sur environ 130 milliards d'euros de prêts consentis par le Fonds européen de stabilité financière.

Une autre solution a été évoquée, celle de réduire les taux d'intérêt sur les prêts directs accordés à Athènes en 2010, mais Berlin s'opposerait à cette éventualité.

La large gamme d'options évoquées mardi montre la détermination de la zone euro pour trouver une solution alors que la question de la dette grecque traîne depuis maintenant trois ans.

La Grèce a obtenu en février un second plan de sauvetage sous la houlette de la "troïka", mais, depuis, deux scrutins législatifs et la dégradation de la situation économique ont perturbé la mise en oeuvre des réformes et l'assainissement des finances publiques, ce qui a conduit en juin à un gel de l'aide prévue.

L'Eurogroupe par la voix de Jean-Claude Juncker a depuis jugé que la Grèce avait "fait ce qu'il fallait" en donnant depuis l'été des gages de sa détermination à mettre en oeuvre une série de réformes économiques précises.

Robin Emmott et Jan Strupczewski à Bruxelles, Michelle Martin et Madeline Chambers à Berlin, Jussi Rosendahl à Helsinki, Leigh Thomas à Paris, Danielle Rouquié, Marc Angrand et Julien Dury pour le service français

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