Eurogroupe et FMI trouvent un accord sur la dette grecque

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ACCORD ENTRE L'EUROGROUPE ET LE FMI SUR LA DETTE GRECQUE
ACCORD ENTRE L'EUROGROUPE ET LE FMI SUR LA DETTE GRECQUE

par Jan Strupczewski et Annika Breidthardt

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) se sont entendus dans la nuit de lundi à mardi sur un ensemble de mesures pour réduire la dette publique grecque, ce qui permettra le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide vitale pour Athènes.

Après douze heures de discussions, les bailleurs de fonds d'Athènes, qui se réunissaient pour la troisième fois en autant de semaines, se sont mis d'accord pour ramener cette dette à 124% du produit intérieur brut d'ici 2020, ce qui représente un allègement de 40 milliards d'euros.

Les ministres se sont également engagés à prendre de nouvelles mesures pour réduire la dette grecque "bien en-deçà" du seuil de 110% du PIB en 2022.

"Quand la Grèce aura atteint, ou sera sur le point d'atteindre, un excédent primaire et aura rempli toutes ses conditions, nous envisagerons s'il le faut de nouvelles mesures pour la réduction de l'endettement total", a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble.

Il est prévu qu'Athènes affiche un excédent primaire (hors service de la dette) en 2016.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, qui a admis que l'accord avait été "très difficile" à obtenir, a précisé que les ministres approuveraient formellement le 13 décembre le déboursement d'une nouvelle aide à la Grèce pour recapitaliser ses banques et payer les salaires, retraites et fournisseurs du gouvernement.

"LA PROMESSE D'UN MEILLEUR AVENIR"

Athènes recevra 43,7 milliards d'euros en plusieurs tranches - 23,8 milliards pour ses banques et 10,6 milliards pour son budget dès décembre, 9,3 milliards au cours du premier trimestre 2013.

La contribution du FMI, qui représente moins d'un tiers du total, sera versée après un programme de rachat de la dette grecque qui doit avoir lieu le 12 décembre. La directrice du FMI Christine Lagarde a salué un accord qui représente une "réduction majeure de l'endettement pour la Grèce".

Les ministres ont convenu de baisser de 100 points de base le taux d'intérêt sur les prêts bilatéraux accordés à Athènes en 2010, allonger de 15 à 30 ans la durée des prêts consentis à la fois par les pays membres et le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et accorder un moratoire de 10 ans à la Grèce pour le paiement de ses intérêts sur les prêts du FESF.

Il a également été décidé que la Banque centrale européenne reverserait les profits qu'elle a réalisés sur les obligations souveraines grecques qu'elle a achetées à prix réduits. La contribution de la BCE sera de 11 milliards d'euros, indique-t-on de source proche des discussions.

Enfin, les Dix-Sept ont accepté de financer le rachat par la Grèce de ses propres obligations détenues par les investisseurs privés à un taux, selon plusieurs sources, fixé à environ 0,35 euro par euro de dette détenu.

Le président de la BCE Mario Draghi s'est réjoui de ces mesures qui, a-t-il dit à l'issue de la réunion, "permettront sans aucun doute de réduire l'incertitude et de renforcer la confiance dans l'Europe et la Grèce".

Jean-Claude Juncker a voulu y voir "la promesse d'un meilleur avenir pour la population grecque et la zone euro dans son ensemble".

EFFACER UNE PARTIE DES PRÊTS?

L'Eurogroupe et le FMI cherchent depuis plusieurs semaines un compromis pour rendre viable sur le long terme la dette grecque, qui devrait atteindre 190% à 200% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain.

Les mesures convenues lundi, en ramenant la dette grecque à 124% du PIB en 2020, ne permettraient pas d'atteindre l'objectif de 120% du PIB auquel s'en tenait le FMI, mais ce dernier a insisté pour que la zone euro promette si nécessaire de nouvelles mesures de réduction.

La question reste de savoir si la dette grecque reste soutenable si les pays membres de la zone euro n'acceptent pas d'en effacer une partie.

L'Allemagne et ses alliés du nord de l'Europe ont rejeté toute idée d'effacer certains prêts mais cette ligne pourrait bouger après les élections législatives allemandes de septembre 2013.

A la demande de Berlin, l'aide sera versée sur un compte séparé renforcé pour garantir qu'elle sert à honorer les remboursements.

Tangi Salaün, Catherine Monin, Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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