Euro: une équipe médicale aux petits soins pour les Bleus

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Euro: une équipe médicale aux petits soins pour les Bleus
Euro: une équipe médicale aux petits soins pour les Bleus

par Pascal Liétout

DONETSK, Ukraine (Reuters) - Prévention, soins et tests: le staff médical de l'équipe de France de football met tout en oeuvre pour placer les joueurs dans les meilleures conditions durant l'Euro, un sprint de trois semaines qui vient conclure une saison déjà longue.

Une équipe de six personnes -deux médecins, trois kinésithérapeutes et un ostéopathe-, dirigée par le docteur Fabrice Bryand, est aux petits soins pour les Bleus dans leur centre d'entraînement des environs de Donetsk, en Ukraine.

"Notre rôle est de mettre les joueurs dans des conditions optimales. Mais après, la réalité se fait sur le terrain, pas ailleurs", a souligné vendredi le Dr Bryand devant la presse.

Le praticien s'occupe des Bleus depuis juin 2010 et l'arrivée du sélectionneur Laurent Blanc.

Il avait auparavant officié au FC Nantes de 1987 à 2008 avant de s'occuper de la sélection nationale des moins de 19 ans.

Pour lui, l'Euro a débuté dès janvier, avec l'élaboration des menus pour toute la période du stage et de la compétition.

Le Dr Bryand a ensuite découvert les règles médicales et administratives imposées par l'UEFA, organisatrice de l'Euro.

Les médecins des 16 équipes engagées doivent ainsi déclarer les blessés et les malades afin de nourrir les statistiques établies par l'instance dirigeante du football européen.

L'équipe médicale française s'est en outre inquiétée de l'épidémie de rougeole sévissant actuellement en Ukraine en consultant le carnet de vaccination des joueurs et en procédant, le cas échéant, à une vaccination.

En vue de la préparation, un travail de suivi biologique a été mis en place, en liaison avec les clubs, pour mieux percevoir les effets de saisons de plus en plus chargées.

"Nous pouvons ainsi appréhender au mieux l'état de fatigue des joueurs au début du stage et individualiser ainsi la préparation", explique le Dr Bryand.

HÉMOGLOBINE ET CRYOTHÉRAPIE

Le service médical de l'UEFA a demandé également aux sélections nationales une étude sur le taux d'hémoglobine des joueurs après avoir découvert que ce facteur entrait en ligne de compte dans les morts subites constatées sur les terrains.

"Après avoir procédé aux tests, je n'ai aucune inquiétude concernant le groupe", a dit à ce sujet le Dr Bryand.

A leur arrivée à Clairefontaine, les joueurs ont eu droit à des tests salivaires, toujours pour adapter les charges de travail à l'état de santé de chacun.

Une dentiste a également procédé à un contrôle et, pour certains d'entre eux, à des soins, une infection buccale étant susceptible d'engendrer des problèmes musculaires ou tendineux.

Le service médical a en enfin travaillé sur l'impact physique de la chaleur, car les températures devraient dépasser les 30°C dans les jours qui viennent à Donetsk.

Pour éviter les coups de chaud et maintenir le corps à 37°C, l'équipe de France a recours pour la première fois à la cryothérapie, un soin par le froid déjà utilisé dans le cyclisme, notamment.

Les Bleus disposent dans leur centre de Kirsha d'un caisson dans lequel ils restent au maximum trois minutes et où la température descend jusqu'à -160°C.

Avant l'entraînement, ainsi qu'avant et à la mi-temps des matches, les joueurs peuvent aussi revêtir une "cryoveste", un gilet équipé de huit packs de glace et pesant 1,9 kg.

"En cas d'augmentation de la température corporelle sous l'effet d'une forte chaleur, le cerveau réagit et envoie des signaux pour faire revenir l'organisme à 37°C. Mais ce processus a un coût en énergie qui influe sur le potentiel du joueur", explique le Dr Bryand.

Aux dires des spécialistes, la cryothérapie a un triple avantage: elle facilite la récupération, a des effets positifs sur les micro-traumatismes musculaires et améliore la qualité du sommeil.

Chaque soir, avant d'aller se coucher, plusieurs joueurs passent quelques instants dans le caisson pour pouvoir ensuite rêver paisiblement d'un triomphe à l'Euro.

Edité par Grégory Blachier

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