Euro: une Angleterre solide, une France fébrile

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Euro: une Angleterre solide, une France fébrile
Euro: une Angleterre solide, une France fébrile

KIEV (Reuters) - Trois jours après l'élimination de la Pologne, l'Euro 2012 a perdu mardi son deuxième pays organisateur, l'Ukraine, qui a laissé sa place en quart de finale dans le groupe D à l'Angleterre et à la France.

En s'imposant 1-0 face au pays-hôte, la sélection de Roy Hodgson s'est assurée la première place de sa poule avec sept points et a permis par la même occasion aux Bleus de poursuivre leur aventure dans le tournoi, et ce malgré une défaite humiliante face à la Suède (2-0), déjà éliminée.

A l'issue de cette dernière journée de la phase de groupes, l'Europe du football connaît désormais les deux dernières affiches des quarts de finale de la compétition.

L'Angleterre, qui a affiché depuis le début du tournoi une certaine régularité et une générosité dans l'effort malgré une préparation tronquée, se frottera dimanche à Kiev à l'Italie.

Quant aux Français, en quelque sorte punis de terminer deuxièmes d'un groupe pourtant à leur portée, ils affronteront samedi à Donetsk les Espagnols, champions du monde et d'Europe en titre.

Mais à revoir la prestation des Bleus à Kiev, dépassés dans tous les compartiments du jeu et étouffés par la puissance suédoise, les hommes de Laurent Blanc méritent une telle punition.

Après sa probante victoire vendredi face à l'Ukraine, la sélection de Laurent Blanc a fait naître beaucoup d'espoirs, en France et ailleurs, quant à sa capacité à faire du beau jeu et à aller loin dans cet Euro 2012.

Mais en l'espace de 90 minutes, ces rêves ont volé en éclat pour devenir rapidement des chimères, tant les Français ont subi la domination de Suédois volontaires, courageux et déterminés à ne pas rentrer chez eux avec un excédent de bagages de trois défaites dans leurs valises.

Une sublime reprise de volée de Zlatan Ibrahimovic, propulsée au fond des filets juste après le retour des vestiaires (54e) et un but d'école inscrit avant le coup de sifflet final par Sebastian Larsson (90e+1) ont ramené sur Terre les Bleus de Laurent Blanc et stoppé leur série de 23 matches sans défaite.

En quart de finale face à l'Espagne, la répétition d'une telle prestation ne sera pas synonyme de punition, mais bien d'élimination.

L'UEFA, DEUX POIDS DEUX MESURES

A quelques centaines de kilomètres de la capitale ukrainienne, un autre rêve s'est fracassé, celui de tout un peuple qui organisait pour la première fois de son histoire une compétition majeure de football.

Dans un stade de Donetsk prêt à jouer le rôle de douzième homme pour sa sélection, l'Ukraine a en effet laissé filer ses ambitions de briller dans "son" tournoi, sur un but inscrit juste après la pause par l'inévitable Wayne Rooney.

Comme si l'attaquant de Manchester United souhaitait donner du sens à l'adage qui veut que le sport aimante les belles histoires, Rooney a soigné son retour de deux matches de suspension pour un vilain geste commis lors des éliminatoires en offrant à son pays à la fois une victoire et la tête de son groupe.

A Donestk, comme à Wroclaw samedi soir en Pologne, les larmes ont coulé sur les visages des supporters du pays-hôte, qui ressentaient par ailleurs un brin de frustration, un but ayant été injustement refusé à leur équipe alors que le ballon avait franchi la ligne de but anglaise.

Le sélectionneur Oleg Blokhine, furieux de cette décision du corps arbitral, s'est fait à l'issue de la rencontre le porte-parole de tous ces sentiments.

"Qu'est-ce que je peux dire ? Il y a cinq arbitres sur le terrain et le ballon était derrière la ligne. A quoi cela sert d'avoir cinq arbitres ?", s'est-il interrogé.

Avant cette soirée riche en émotions, plusieurs amoureux du ballon rond et des organisations de lutte contre le racisme ont jugé étrange le barème de sanctions appliquée par l'UEFA.

La fédération croate, dont certains supporters ont été reconnus coupables d'avoir entonné des chants racistes adressés à Mario Balotelli lors du match de leur équipe, jeudi dernier, face à l'Italie, a écopé de 80.000 euros d'amende.

Cette sanction est inférieure de 20.000 euros à celle reçue par l'attaquant danois Nicklas Bendtner, coupable d'avoir montré le logo d'une société de paris sportifs en célébrant un but.

Olivier Guillemain pour le service français

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