Euro: un parcours mitigé pour les Bleus

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par Pascal Liétout

DONETSK (Reuters) - Ni un succès éclatant, ni un échec cuisant : le parcours de l'équipe de France de football à l'Euro 2012 laisse une impression mitigée, faite d'acquis comptables indéniables et de défaillances collectives et individuelles évidentes.

Avec deux défaites, un nul et une seule victoire en quatre matches de l'Euro, les Bleus ne présentent pas, loin de là, un bilan statistique très enviable.

Après un match nul inaugural contre l'Angleterre (1-1), la victoire (2-0) porteuse d'espoir contre l'un des pays hôtes, l'Ukraine, ne peut cacher le trou d'air qui a suivi en match de poule contre la Suède (0-2) ni l'impuissance affichée contre l'Espagne en quart de finale.

Pourtant, Laurent Blanc et ses joueurs peuvent mettre à leur crédit deux performances.

D'abord avoir mis fin, en battant les Ukrainiens, à une série sans victoire dans une compétition majeure marquée par les échecs de l'Euro 2008 et du Mondial 2010.

Ensuite, s'être qualifié pour un quart de finale pour la première fois depuis la Coupe du monde 2006, où leurs prédécesseurs parvinrent en finale et ne s'inclinèrent qu'aux tirs au but contre les Italiens.

Si on ajoute à cela la série de 23 matches sans défaite interrompue par la gifle suédoise, le bilan chiffré global des Bleus version Blanc semble flatteur.

En deux ans et 27 rencontres à la tête de l'équipe de France, Laurent Blanc n'aura enregistré que quatre défaites, un score qui peut paraître à première vue honorable.

Si l'on pousse un peu plus loin l'analyse, on s'aperçoit cependant que les victoires bleues en phase de qualification ont été obtenues face à des adversaires de second rang comme la Bosnie, la Roumanie, la Biélorussie ou le Luxembourg.

PAS DE GRANDS JOUEURS ?

La France peut arguer de succès de prestige contre l'Angleterre à Wembley, l'Allemagne à Brême ou encore le Brésil à Saint-Denis, mais au risque de se voir à nouveau affublée du titre de championne du monde des matches amicaux.

Hormis le succès à l'extérieur contre la Bosnie (2-0) dans les éliminatoires, puis la victoire contre l'Ukraine à L'Euro, Hugo Lloris et ses coéquipiers ont eu du mal à répondre présents dans les grands rendez-vous.

L'équipe de France de 2012 comprend plusieurs bons joueurs comme Franck Ribéry, Hugo Lloris, Karim Benzema ou Yohan Cabaye, mais ne possède pas en son sein un Raymond Kopa, un Michel Platini ou un Zinedine Zidane qui portaient leurs partenaires vers les sommets.

Elle ne peut s'appuyer non plus sur de grands clubs, comme c'est le cas pour l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre ou l'Allemagne.

"Le travail de reconstruction sera long" ; "La France ne fait pas partie du gotha européen et mondial" ; "Je n'ai pas de grands joueurs donc je fais jouer la concurrence" : le sélectionneur n'a cessé en deux ans de relativiser la valeur de son équipe, 14e mondiale avant l'Euro après être descendue au 27e rang à la suite du fiasco sud-africain.

Plus que de qualité, le groupe actuel manque peut-être de personnalités fortes capables d'insuffler à leurs partenaires la hargne, la constance dans l'effort et le mental qui leur font parfois défaut.

"Il n'y a pas de leader dans cette équipe, il faut faire sans", regrettait récemment l'adjoint de Laurent Blanc, l'ancien international Alain Boghossian, un des "aboyeurs" les plus féroces qu'ait connus le football français.

édité par Grégory Blachier

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