Euro: Slaven Bilic, grandeur et décadence

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Euro: Slaven Bilic, grandeur et décadence
Euro: Slaven Bilic, grandeur et décadence

par Zoran Milosavljevic

ZAGREB (Reuters) - Sélectionneur de la Croatie depuis 2006, Slaven Bilic sait mieux que quiconque la fragilité d'une carrière.

Comme joueur puis comme entraîneur, cet enfant du rock de 43 ans, guitariste amateur, a vécu des heures de gloire et traversé des périodes sombres.

En France, Bilic est avant tout l'homme qui priva Laurent Blanc de la finale de la Coupe du monde 1998, sur une simulation de coup violent ayant entraîné l'expulsion du pilier de la défense bleue.

La Croatie fut finalement battue 2-1 par les futurs champions du monde et le talentueux défenseur originaire de Split traina longtemps une réputation de tricheur.

Son parcours d'entraineur commença sous de meilleurs auspices. Après des débuts dans sa ville natale, Bilic s'occupa des Espoirs croates pendant deux ans avant de prendre en main, à seulement 37 ans, la sélection nationale.

Lors des qualifications pour l'Euro 2008, sa formation multiplia les exploits, infligeant notamment une double défaite à l'Angleterre qui coûta son poste à son homologue Steve McClaren et attira l'oeil de plusieurs clubs de Premier League.

TOUJOURS LA TURQUIE

Sa cote grimpa en flèche avec la qualification de la Croatie pour les quarts de finale de l'Euro, mais l'échec contre la Turquie fut sans doute le signe que la roue allait tourner.

Les Croates avaient frôlé le bonheur quelques secondes et vécurent, Bilic en tête, une de leurs plus grandes désillusions.

Depuis, il est constamment sur la sellette et aurait pu regretter de n'avoir pas cédé aux sirènes du football anglais. Car il fut à deux reprises très proche du limogeage.

Une première fois après l'élimination de la Croatie dans les qualifications pour la Coupe du monde 2010, marquée notamment par une double déroute contre l'Angleterre (4-1 puis 5-1).

Une seconde lors des qualifications pour l'Euro 2012 conclus à la deuxième place, synonyme de barrage.

Une fois encore, Bilic résista sous la tempête et la Croatie se qualifia aux dépens de la Turquie, matée chez elle.

Mais cette fois, quelle que soit l'issue du tournoi, il partira. La saison prochaine, Bilic officiera sur le banc du Lokomotiv Moscou.

Pascal Liétout pour le service français, édité par Grégory Blachier

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