Euro: Roy Hodgson, l'embarras d'un choix

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par Mike Collett

LONDRES (Reuters) - A lire les réactions d'une partie de la presse au sujet de Roy Hodgson, tout portait à croire que le nouveau sélectionneur anglais n'avait ni l'expérience ni même le droit de rêver à ce poste.

Rien n'est pourtant plus éloigné de la réalité, au regard des références présentées par cet homme de 64 ans venu à la rescousse d'une équipe abandonnée par Fabio Capello en février.

De son propre aveu, Roy Hodgson était un joueur lambda d'équipes réserves dans les années 1960. Sa carrière d'entraîneur est bien plus riche, n'en déplaise à ses détracteurs.

La sélection anglaise est la quatrième dont il prend les rênes après la Suisse, la Finlande et les Emirats arabes unis, et il a entraîné dans huit pays différents.

Roy Hodgson n'a certes pas toujours réussi. Il a été limogé par les Blackburn Rovers en 1998 et a dit adieu à Liverpool six mois à peine après y être arrivé, il y a un et demi.

Mais des étapes magnifiques ont jalonné son périple, comme ce séjour à Fulham achevé en finale de la Ligue Europa en 2010.

A l'échelle du football européen, l'Angleterre décimée et mésestimée a quelque chose de ce Fulham avant d'entamer l'Euro.

Sceptiques, au mieux, sur le choix de Roy Hodgson, médias et spécialistes autoproclamés étaient surtout contrariés pour avoir tous, des semaines durant, annoncé l'arrivée d'Harry Redknapp, l'entraîneur de Tottenham.

Eux-mêmes ayant été mis en défaut, Hodgson ne pouvait être qu'une erreur de casting ou un choix par défaut -Redknapp étant sous contrat, il aurait fallu indemniser son club, alors que Hodgson était libre.

Un mois plus tard, un certain réalisme commence à prendre le dessus, en partie par dépit.

IL S'EN SAIT CAPABLE

L'Angleterre sait ne pas arriver dans des dispositions idéales: Fabio Capello a claqué la porte sur fond de conflit avec la Fédération malgré une campagne de qualification très réussie, Wayne Rooney manquera les deux premiers matches et une cascade de blessures ampute la sélection d'éléments-clés.

Hodgson a bâti sa réputation sur sa méthode davantage que sur des trophées. Le président de la Fédération, David Bernstein, dit de lui qu'il pourrait "débarquer sur n'importe quel terrain d'entraînement au monde et obtenir un respect immédiat".

Il en a encore apporté la preuve cette saison en menant la modeste West Bromwich Albion à la 10e place de Premier League.

Les Anglais n'étant pas exactement favoris d'un groupe où ils devront affronter la France en plein renouveau, la Suède toujours très solide, ainsi que l'Ukraine qui évolue à domicile, le défi semble taillé sur pièces pour Hodgson.

Habitué à faire gagner ceux dont on n'attend rien, il mesure l'ampleur de la tâche qui lui incombe une nouvelle fois.

"Ça ne sera pas facile et même plus dur encore cette fois parce que l'homme qui a qualifié l'équipe est parti et que je suis arrivé très tard", a-t-il dit lors de son intronisation.

"Il est très important que tout le monde soit derrière l'équipe et derrière les joueurs. Convaincre les gens nécessite un gros travail et le seul moyen d'y arriver, c'est de faire ce que je me sais capable de faire."

L'analyse est partagée par l'ancien milieu de terrain de l'équipe nationale Trevor Brooking, qui a joué un rôle clé dans la nomination de Hodgson.

"En 2008 on nous n'étions pas qualifiés et en 2010 nous avons fait un mauvais tournoi", a-t-il souligné.

"A bien des égards, les attentes pour cet été (sont faibles) mais je crois vraiment que Roy est un bon choix, capable de faire évoluer et progresser cette équipe."

La prudence et les intentions ayant circonscrit le feu des critiques, il reste à Hodgson à passer au révélateur du terrain.

Gregory Blachier pour le service français

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