Euro: Paulo Bento, le plan B a marché

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Euro: Paulo Bento, le plan B a marché
Euro: Paulo Bento, le plan B a marché

par Daniel Alvarenga

LISBONNE (Reuters) - Nommé en septembre 2010 à la tête d'un Portugal chancelant malgré l'offre de service de José Mourinho, Paulo Bento a réussi redresser la situation à la surprise de nombreux observateurs.

Lorsqu'il a pris les rênes de la sélection, le Portugal était avant-dernier de son groupe de qualification avec un point glané en deux matches médiocres. Il disputera finalement l'Euro, après avoir franchi sans problème le barrage contre la Bosnie.

Bento, 42 ans, connu pour son phrasé posé et souvent raillé parce qu'il abuse du mot "tranquillité" pour décrire l'ambiance dans son équipe, ne présentait pas le riche curriculum vitae de son détonant compatriote Mourinho.

En lieu et place du double champion d'Europe avec Porto et l'Inter Milan, qui avait proposé de prêter main forte quelques temps, avant de se rétracter, les Portugais virent donc arriver un entraîneur dont le palmarès avec le Sporting Lisbonne se résumait à des coupes nationales.

Un technicien rigoureux, attaché à la discipline, dont le Sporting pratiquait un football trop défensif, voire ennuyant.

Une fois installé, Bento a pourtant su faire bien plus.

L'ancien milieu défensif international a ranimé une équipe démoralisée et connu un succès immédiat, devenant même le plus jeune sélectionneur à qualifier le Portugal pour un grand tournoi et le premier à gagner ses cinq matches initiaux.

IL PLANIFIE, ILS EXÉCUTENT

D'équipe imprévisible, le Portugal est devenu pragmatique, plus attentif à respecter les consignes tactiques. Dans le même temps, Bento a tiré le meilleur de Cristiano Ronaldo et Nani, ses joueurs les plus percutants.

Sa brouille avec les défenseurs Ricardo Carvalho et José Bosingwa, qui ont renoncé à la sélection, n'a pas entamé son autorité sur le vestiaire où la motivation n'est pas retombée.

Bento l'explique par le soin qu'il met à impliquer ses joueurs dans ses décisions.

"Pourquoi je ne débattrais pas (de la tactique) avec les joueurs ?", disait-il récemment au journal Expresso.

"Evidemment, je ne vais les laisser choisir si nous jouons en 4-3-3 ou en 4-4-2, mais on peut leur dire que le plat est un steak et leur demander s'ils le veulent bien cuit ou à point, avec du riz ou des pâtes", précisait Bento, qui a travaillé, dans sa jeunesse, comme serveur dans le restaurant familial.

"J'aide à élaborer (le plan de jeu), les joueurs l'exécutent."

Ancien joueur du Benfica, Bento est avant tout lié au Sporting où il a passé dix années comme joueur puis entraîneur.

International portugais, il a connu à l'Euro 2000 un des moments les plus beaux et les plus douloureux à la fois de sa carrière.

Après un magnifique tournoi, le Portugal avait chuté en demi-finale contre la France, future championne d'Europe, sur un penalty qui avait déclenché la fureur du milieu de terrain.

Pour avoir déversé sa colère sur l'arbitre et tenté de lui arracher un carton des mains, Bento avait été suspendu six mois.

Même si ces souvenirs sont déjà lointains et que Bento dit les avoir effacés, il tient aujourd'hui sa revanche.

Gregory Blachier pour le service français

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